Un nouveau front vient-il de s’ouvrir contre Gianni Infantino ? Depuis le début de la crise provoquée par le projet FIFA Forward Enterprise, les prises de position sont principalement venues des dirigeants de fédérations, des confédérations et d’anciens grands noms du football.
Cette fois, une joueuse majeure encore en activité entre publiquement dans le débat. Lucy Bronze, internationale anglaise et figure du football féminin européen, a décidé de soutenir la ligne défendue par l’UEFA.
Lucy Bronze s’engage contre la FIFA et soutient la menace de boycott de l’UEFA ➡️ l.lequipe.fr/eXU
Alors que les joueurs et joueuses en activité se sont jusqu’ici très peu exprimés sur le sujet, l’internationale anglaise Lucy Bronze a pris position contre Gianni Infantino ce vendredi. Elle affirme que les joueuses européennes sont prêtes à boycotter les compétitions de la FIFA, comme le menace l’UEFA.
— L’ÉQUIPE
7 août 2026
Lucy Bronze prête à aller jusqu’au boycott
La portée de cette intervention dépasse largement le cas personnel de Lucy Bronze. Jusqu’à présent, les principaux acteurs directement concernés par une éventuelle absence des nations européennes, à savoir les joueurs et les joueuses, s’étaient très peu exprimés.
L’Anglaise vient rompre ce silence.
Interrogée sur la crise qui secoue le football mondial, Bronze a clairement indiqué qu’elle soutenait la position européenne. Elle estime surtout que la menace d’un boycott ne doit pas rester symbolique si aucun changement n’intervient au sommet de la FIFA.
La défenseure considère que les joueuses doivent être capables de défendre leurs convictions, même lorsque cela implique des conséquences sportives majeures.
Sa position est d’autant plus forte qu’un boycott d’une Coupe du monde représenterait un sacrifice immense pour une internationale. La compétition constitue l’un des sommets d’une carrière et certaines joueuses ne disposent que de deux ou trois occasions de la disputer au plus haut niveau.
Bronze se dit néanmoins prête à soutenir une telle démarche si le bras de fer institutionnel devait aller jusque-là.
Une pression nouvelle sur Gianni Infantino
Cette intervention représente une évolution importante dans la crise.
Gianni Infantino fait déjà face à une contestation politique grandissante. L’UEFA a fortement durci son discours après la polémique autour de FIFA Forward Enterprise, projet qui prévoyait notamment l’ouverture à des investisseurs privés d’une partie des activités commerciales liées à la FIFA et à ses compétitions.
Face à l’opposition rencontrée, le projet a finalement été retiré.
Mais l’abandon n’a pas suffi à calmer la fronde.
La Fédération norvégienne a franchi une étape supplémentaire ce vendredi en annonçant qu’elle allait appeler directement à la démission de Gianni Infantino. Sa présidente Lise Klaveness estime que la confiance envers le dirigeant est désormais rompue.
La Fédération anglaise a également pris ses distances avec le président de la FIFA concernant sa prochaine réélection.
À l’intérieur même de l’organisation, certaines voix ont commencé à se démarquer. Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial, a notamment affirmé ne pas avoir participé à la préparation de FIFA Forward Enterprise et avoir découvert le projet dans les médias. Le Français a également jugé son retrait « absolument nécessaire ».
L’entrée de Lucy Bronze dans le débat ajoute désormais une dimension sportive à cette contestation.
Et si les joueurs rejoignaient à leur tour la fronde ?
C’est probablement la principale question soulevée par cette prise de parole.
Une menace de boycott formulée par des dirigeants reste avant tout un instrument politique. Mais si les joueurs et joueuses commencent eux-mêmes à déclarer publiquement qu’ils sont disposés à ne pas participer aux compétitions de la FIFA, le rapport de force change.
Lucy Bronze possède à cet égard une stature particulière.
Multiple vainqueure de la Ligue des champions, championne d’Europe avec l’Angleterre et longtemps considérée parmi les meilleures joueuses du monde à son poste, elle dispose d’une importante influence dans le football féminin.
Sa sortie pourrait encourager d’autres internationales à se prononcer.
Le football féminin est d’ailleurs directement concerné par le bras de fer. La menace européenne ne porte pas uniquement sur la Coupe du monde masculine : les compétitions féminines organisées par la FIFA pourraient également être touchées en cas d’escalade.
Reste à savoir jusqu’où les joueuses seraient réellement disposées à aller.
Entre soutenir publiquement une position et renoncer effectivement à une Coupe du monde, le pas est immense. Mais pour la première fois, une figure majeure du football européen en activité indique clairement que cette hypothèse ne peut plus être considérée comme impensable.
La crise FIFA-UEFA change de dimension
Ces dernières heures montrent surtout que la crise ne se limite plus à FIFA Forward Enterprise.
Le projet a été abandonné, mais le débat porte désormais directement sur la gouvernance de Gianni Infantino et son avenir à la présidence de la FIFA.
La Norvège demande son départ. Plusieurs fédérations européennes remettent en question leur soutien. Des cadres de la FIFA prennent leurs distances et l’UEFA maintient la pression.
Désormais, des joueuses commencent elles aussi à entrer dans la bataille.
La position de Lucy Bronze pourrait ainsi constituer un tournant si elle est suivie par d’autres grandes figures. Les prochains jours permettront de savoir si sa prise de parole reste isolée ou si elle déclenche un mouvement beaucoup plus large parmi les internationaux européens.
Pour Gianni Infantino, ce deuxième scénario serait particulièrement problématique. Une crise institutionnelle peut encore être négociée entre dirigeants. Une contestation portée simultanément par les fédérations, les confédérations et les stars présentes sur le terrain serait autrement plus difficile à contenir.
Et avec Lucy Bronze, la menace de boycott vient précisément de quitter les bureaux pour entrer dans le vestiaire.







