Invité à réagir aux propos de Karim Benzema, l’ancien défenseur et militant contre le racisme, Lilian Thuram n’a pas défendu l’attaquant du Real Madrid. Bien au contraire.
Depuis hier, les propos de Karim Benzema sur sa non-sélection pour l’Euro 2016 font énormément jaser. Selon lui, le sélectionneur Didier Deschamps ne l’a pas retenu car il a « cédé sous la pression d’une partie raciste de la France ». Toujours prompt à dénoncer le racisme et lutter contre les discriminations, Lilian Thuram estime que l’attaquant du Real Madrid se trompe complètement.
« Son discours le déresponsabilise »
« Son discours le déresponsabilise, s’il n’est pas sélectionné, c’est parce qu’il y a une affaire avec Mathieu Valbuena, il faut rappeler ça », a-t-il émis ce jeudi matin au micro de France Info, regrettant que l’ancien Lyonnais se place en victime et ne se remette pas en question une seconde dans son interview accordée à Marca. Pour rappel, Karim Benzema est mis en examen pour complicité de chantage présumé dans la sombre affaire de la sextape de Mathieu Valbuena, ce qui a poussé Noël Le Graët à le suspendre d’équipe de France, au grand dam du sélectionneur qui espérait le voir innocenté pour pouvoir l’emmener à l’Euro.
Pour Thuram, Deschamps est triste de ne pas avoir pu sélectionner Benzema
« J’ai discuté avec Didier Deschamps, il était le plus triste de ne pas pouvoir sélectionner Benzema, Didier est un compétiteur, il aurait aimé avoir Benzema dans l’équipe », a poursuivi Lilian Thuram qui rappelons le, est à la tête de la fondation « L’éducation contre le racisme ». Le sélectionneur tricolore a en effet toujours défendu le Madrilène. Pour exemple, à l’époque où ce dernier traversait une longue période d’inefficacité face au but sous le maillot des Bleus, il l’avait maintenu à son poste contre vents et marées.
« Benzema dit qu’il aime l’équipe de France, mais il l’aime mal, ses déclarations peuvent déstabiliser le groupe, même si les joueurs de l’équipe de France vont dire que non », a conclu l’ex-défenseur champion du monde en 1998 et recordman de sélections en Bleu (142). Si la liberté d’opinion et d’expression n’est pas négociable, l’équipe de France déjà minée par les blessures et les affaires, n’avait effectivement pas besoin de cette polémique supplémentaire.

