Le séisme provoqué par la décision de la Confédération Africaine de Football de retirer le titre au Sénégal pour sacrer le Maroc continue de secouer le football africain. Derrière cette affaire explosive, plusieurs voix s’élèvent et pointent clairement des responsabilités, nourrissant un climat de défiance inédit autour des instances.
Tout part d’un verdict radical rendu au Caire : après les incidents survenus lors de la finale, la CAF décide de sanctionner le Sénégal et d’attribuer la victoire au Maroc sur tapis vert. Une décision qui a immédiatement déclenché une vague de réactions, parfois très virulentes.
Infantino, cible principale des critiques
Dans cette tempête, le nom de Gianni Infantino revient avec insistance. Le président de la FIFA est accusé d’avoir pesé sur l’issue du dossier.
Ses propos après la finale sont d’ailleurs largement repris pour appuyer cette thèse. « Nous condamnons fermement le comportement (…) de quelques joueurs sénégalais (…) Il est inacceptable de quitter le terrain de cette manière », avait-il déclaré, avant d’ajouter : « Nous devons toujours respecter les décisions prises par les arbitres (…) tout autre comportement met en péril l’essence même du football. »
Des déclarations perçues par certains comme une prise de position forte… voire comme une pression indirecte sur la CAF.
Motsepe et Lekjaa également visés
Le président de la CAF, Patrice Motsepe, est lui aussi pointé du doigt. Plusieurs observateurs estiment que son rôle a été déterminant dans cette décision controversée.
Dans les médias, les critiques sont parfois sans filtre. L’ancien international égyptien Mido a ainsi lâché : « Nous ressemblons maintenant au continent d’idiots, de corrompus. L’Afrique mérite mieux. » Une sortie qui illustre l’ampleur du malaise.
Autre figure citée : Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine. Certains médias africains l’accusent d’avoir « subtilisé un titre africain dans les arcanes de la CAF », alimentant les soupçons d’influence en coulisses.
Parmi les voix les plus critiques, Claude Le Roy s’est montré particulièrement virulent. « Je ne pouvais pas penser une seule seconde que la CAF pourrait aller aussi loin dans le grand-guignolesque », a-t-il lancé, avant d’enfoncer le clou : « Le Maroc a fait une super CAN, mais en finale, c’est le Sénégal qui a été meilleur. »
Dans la même veine, il dénonce un système dépassant le cadre sportif : « Derrière tout ça, il y a plein de magouilles (…) cette décision va faire rire toute la planète football. »
Ces prises de position renforcent l’idée d’une crise profonde au sein des instances du football africain.
Au Sénégal, la riposte s’organise déjà. Plusieurs voix appellent à saisir le Tribunal Arbitral du Sport pour contester cette décision et tenter de récupérer un titre gagné sur le terrain.
Mais au-delà du verdict final, cette affaire laisse une trace durable. Entre soupçons d’ingérence, critiques publiques et perte de crédibilité, la CAN 2025 pourrait bien marquer un tournant dans l’histoire du football africain.
Et alors que les accusations continuent de pleuvoir, une certitude s’impose : ce dossier est encore loin d’avoir livré tous ses secrets.

