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Piqué, Neymar, Cascarino : ces footballeurs légendes qui ont fait du poker leur deuxième passion

Neymar Poker - Victoire Finale

Neymar Poker - Victoire Finale

Le bruit d’un stade qui retient son souffle ou le silence d’une table feutrée : à première vue, rien ne rapproche ces deux univers. Pourtant, derrière les coulisses du football mondial, une autre compétition se joue depuis des années. Plus discrète, plus mentale, mais tout aussi exigeante. De l’EPT Barcelona aux World Series of Poker à Las Vegas, en passant par les casinos d’Enghien-les-Bains et de Londres, plusieurs stars du ballon rond ont troqué les crampons contre les jetons, parfois en plein milieu de leur carrière, parfois après le coup de sifflet final.

Le phénomène n’a rien d’anecdotique. Anticipation, gestion de la pression, lecture de l’adversaire, contrôle des émotions : les compétences qui font les grands défenseurs et les attaquants d’élite sont précisément celles qui forgent les bons joueurs de poker. Une coïncidence ? Plutôt une évidence, qu’André Akkari, ami de Neymar et joueur professionnel brésilien, résume en une phrase : « Quand tu bluffes, ton cœur bat aussi vite qu’au Camp Nou un soir de Champions League. »

De Gerard Piqué, devenu en quelques années le footballeur le plus titré du circuit poker moderne, à Thomas Gravesen, Danois mystérieux dont la fortune post-carrière nourrit toutes les légendes, en passant par Neymar, Cascarino et Dhorasoo, tour d’horizon des cinq footballeurs qui ont transformé leur passion du tapis vert en bien plus qu’un simple loisir.

Gerard Piqué : le défenseur stratège devenu roi de l’EPT Barcelona

Sur un terrain, Gerard Piqué lisait les attaquants comme personne. Sur une table de poker, il lit ses adversaires avec la même froideur clinique. Champion du monde 2010 avec l’Espagne, champion d’Europe 2012, vainqueur de trois Ligues des Champions avec le FC Barcelone et Manchester United, l’ancien défenseur catalan a écrit sa légende sur les pelouses européennes. Mais loin du Camp Nou, il s’est construit une seconde réputation, plus discrète et tout aussi impressionnante, dans l’univers feutré du poker high stakes.

Avec environ 668 155 dollars de gains cumulés en tournois live selon The Hendon Mob, Piqué est aujourd’hui le footballeur le plus titré de l’histoire moderne du poker. Son terrain de chasse favori : l’European Poker Tour de Barcelone, à deux pas de son ancien stade. C’est là qu’en août 2019, il termine finaliste du High Roller à 25 000 € de buy-in, empochant 392 950 dollars après avoir éliminé son ancien coéquipier Arturo Vidal en cours de tournoi.

Réputé pour un QI de 140, l’Espagnol applique au feutre vert la même intelligence tactique qui faisait de lui un défenseur d’exception : anticipation, lecture du jeu adverse, gestion du timing. Désormais retraité du football depuis fin 2022, Piqué multiplie les apparitions sur le circuit professionnel et pourrait bien devenir, dans les années à venir, l’un des visages réguliers des grands festivals mondiaux.

Neymar Jr : l’ambassadeur PokerStars

Si Piqué incarne la rigueur stratégique au poker, Neymar Jr en représente le pur instinct. Star du PSG entre 2017 et 2023, désormais sous les couleurs d’Al-Hilal en Saudi Pro League, l’attaquant brésilien a fait de son amour des cartes une marque de fabrique. Une passion qu’il assume publiquement, qu’il médiatise sans complexe, et qu’il revendique même comme un possible second métier.

Depuis mai 2015, Neymar est l’un des ambassadeurs officiels de PokerStars, le plus grand opérateur mondial de poker en ligne, partenariat renouvelé en décembre 2020 et qui fait de lui le visage le plus exposé du poker chez les footballeurs en activité. Ses gains en tournois live restent modestes au regard de ceux de Piqué, avec environ 32 000 dollars cumulés selon The Hendon Mob, mais la sélection brésilienne du poker enchaîne les apparitions remarquées. On l’a vu aux World Series of Poker à Las Vegas, à l’EPT Barcelona, à l’EPT Paris en février 2023 organisé avec le Club Barrière, et lors du SCOOP 2020 où il a terminé 12e d’un tournoi à 2 100 dollars de buy-in.

Sa passion ne fait pas que des heureux. Quelques heures après une défaite du PSG en Ligue des Champions face au Bayern Munich, Neymar avait été repéré à un tournoi à 10 000 € de buy-in au Hyatt Regency de Paris, déclenchant la polémique chez les supporters parisiens. Pourtant, le Brésilien assume : son ami et joueur professionnel André Akkari confie qu’il lui envoie ses mains de poker via WhatsApp et qu’il rêve sincèrement, une fois les crampons raccrochés, de basculer vers une carrière professionnelle aux tapis verts.

Tony Cascarino : le buteur irlandais devenu figure du circuit britannique

Tous les footballeurs ne basculent pas vers le poker en stars sponsorisées ou en habitués du jet privé. Certains s’imposent par la simple régularité, l’amour du jeu et un palmarès construit à la sueur de longues sessions. C’est exactement l’histoire de Tony Cascarino. Avant de devenir une figure familière du circuit poker britannique, l’attaquant a écrit sa légende sur les pelouses anglaises et françaises, sous le maillot de Chelsea, Aston Villa et de l’Olympique de Marseille, et porté soixante-dix fois le maillot vert de l’Irlande à l’Euro 1988 puis aux Coupes du Monde 1990 et 1994.

Sa consécration pokeristique tombe en 2009 lorsqu’il remporte le Main Event du GUKPT Londres, le tournoi phare du Grosvenor UK Poker Tour, pour un gain de 283 412 dollars après un buy-in de 3 150 livres sterling. Une victoire qui le propulse parmi les visages reconnaissables du poker live au Royaume-Uni et qui prouve que ses gains ne relèvent ni de la chance, ni du marketing, mais bien d’un travail de fond entamé dès la fin des années 2000.

Devenu chroniqueur sportif au Times après sa retraite, l’ancien international irlandais a su transformer son sens du timing d’attaquant en arme redoutable autour du tapis vert. Là où Piqué impressionne par les chiffres et Neymar par l’exposition, Cascarino, lui, incarne discrètement la reconversion la plus aboutie.

Vikash Dhorasoo : le finaliste de Coupe du Monde reconverti aux tapis verts

Toutes les reconversions sportives ne sont pas spectaculaires. Certaines sont passionnées, presque intimes, comme si le joueur cherchait dans une nouvelle discipline ce que les pelouses ne pouvaient plus lui offrir. Vikash Dhorasoo appartient à cette catégorie. L’ancien milieu de terrain de l’Olympique Lyonnais, du Bordeaux, de l’AC Milan et du Paris Saint-Germain a marqué l’histoire des Bleus en disputant la finale de la Coupe du Monde 2006 face à l’Italie, aux côtés de Zidane, Vieira et Henry. Une légende à part entière du football français des années 2000.

Une fois les crampons raccrochés, Dhorasoo n’a pas choisi la voie classique de consultant télé ou d’entraîneur. Il s’est tourné vers une autre arène, plus silencieuse mais tout aussi exigeante : le tapis vert. Avec plus de 500 000 dollars de gains cumulés en tournois live, Vikash Dhorasoo s’est imposé comme l’un des footballeurs français les plus performants au poker, son fait d’armes restant sa victoire au Barrière Poker Tour Grand Final d’Enghien-les-Bains en 2010, empochée pour 136 500 euros.

Ses meilleures saisons pokeristiques se concentrent autour de 2009 et 2010, période durant laquelle il a accumulé près de 400 000 dollars de gains. Habitué du circuit hexagonal et des grandes étapes européennes, l’ancien international tricolore prouve que le poker n’est pas l’apanage des stars sud-américaines ou catalanes. Il existe aussi une école française du jeu, et Dhorasoo en est l’un des visages les plus emblématiques, à mi-chemin entre la légende du foot et la figure assumée du tapis vert.

Thomas Gravesen : l’OVNI danois devenu millionnaire des cartes

Dans le football, il y a les stars, les soldats du collectif et les électrons libres. Thomas Gravesen appartient à cette troisième catégorie, et même à une sous-catégorie à part entière : celle des joueurs dont la trajectoire post-carrière dépasse, et de loin, le palmarès sportif. Crâne rasé, regard perçant, tempérament volcanique, le Danois a marqué les esprits sous les maillots d’Everton entre 2000 et 2005, puis dans la cour des grands au Real Madrid aux côtés de Zidane, Beckham et Ronaldo. Une figure atypique du football européen des années 2000, plus connue pour son caractère bouillonnant que pour ses statistiques.

Sa retraite sportive, en 2008, marque le début d’une seconde vie aussi discrète que vertigineuse. Loin des projecteurs, Thomas Gravesen aurait bâti une fortune estimée par plusieurs sources à environ 100 millions de livres sterling en combinant le poker à des investissements judicieux, faisant de lui l’un des footballeurs retraités les plus riches grâce notamment aux tapis verts. Le chiffre, repris par plusieurs médias spécialisés, reste débattu dans son ampleur exacte, mais le constat demeure : l’ancien milieu danois s’est imposé comme une figure singulière de la reconversion par les cartes.

Installé un temps à Las Vegas, devenu un visage discret des grandes tables internationales, Gravesen incarne l’envers du décor des footballeurs qui jouent au poker. Pas d’ambassadeur, pas de partenariat avec PokerStars, pas de tournoi médiatisé. Juste un Danois excentrique qui a transformé sa retraite anticipée en deuxième carrière, prouvant qu’au poker comme sur un terrain, l’imprévisibilité reste l’arme la plus redoutable.

Football et poker, deux disciplines, une même passion

De Piqué à Gravesen, en passant par Neymar, Cascarino et Dhorasoo, ces cinq parcours dessinent une même évidence : le poker n’est pas un simple loisir pour footballeurs en quête d’adrénaline, mais bien une seconde discipline qui exige les mêmes qualités que celles forgées sur les pelouses. Lecture du jeu, gestion de la pression, sang-froid dans les moments décisifs : autant de compétences qui transitent naturellement du terrain au tapis vert, et qui expliquent pourquoi tant de stars du ballon rond ont basculé, parfois en pleine carrière, vers les grands festivals internationaux.

Au-delà des trajectoires individuelles, c’est tout un écosystème de jeu en ligne qui s’est structuré en parallèle de cette passion partagée, rendant aujourd’hui accessibles aux passionnés les mêmes formats que ceux fréquentés par les pros. Le marché a explosé ces dernières années, et 2026 marque une étape clé avec l’arrivée d’une nouvelle génération de plateformes hybrides. Lancé en 2025 avec plus de 12 000 jeux, une section paris sportifs couvrant 1 200 matchs de football et une ludothèque incluant jeux de table et live casino, Spinbara illustre bien cette convergence entre univers du football et divertissement numérique, désormais incontournable dans l’écosystème.

Reste désormais une question ouverte : qui, parmi les stars actuelles de la Ligue 1, de la Premier League ou de la Liga, prendra la relève de Piqué à l’EPT Barcelona ? Mbappé, Griezmann, Vinicius, Lamine Yamal ? La prochaine légende du poker version footballeur joue peut-être déjà ses premières mains, quelque part entre deux séances d’entraînement.

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