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Crise FIFA-UEFA : Gianni Infantino lâché par l’Angleterre

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Le retrait de FIFA Forward Enterprise n’a pas suffi à éteindre l’incendie autour de Gianni Infantino. Selon The Telegraph, la Fédération d’Angleterre s’apprête désormais à retirer son soutien au président de la FIFA en vue de sa réélection. Un nouveau coup dur pour le dirigeant suisse, déjà confronté à la fronde de l’UEFA et aux interrogations concernant sn avenir à la tête du football mondial.

Gianni Infantino pensait peut-être calmer la tempête en renonçant à son controversé projet d’ouverture du capital des activités commerciales de la FIFA à des investisseurs privés. Mais quelques jours après l’abandon de FIFA Forward Enterprise, les conséquences politiques continuent de s’accumuler.

Ce lundi 3 août, un nouveau développement particulièrement important arrive d’Angleterre. D’après The Telegraph, la Football Association (FA) va retirer son soutien à la réélection de Gianni Infantino à la présidence de la FIFA.

L’Angleterre retire son soutien à Infantino

La décision est loin d’être anodine. Avant l’explosion de la crise, Infantino disposait d’une position extrêmement confortable en vue de la prochaine élection présidentielle de la FIFA. Le dirigeant avait accumulé les soutiens parmi les associations membres et semblait se diriger vers une nouvelle victoire sans véritable opposition.

La crise déclenchée par FIFA Forward Enterprise est en train de modifier ce rapport de force.

La Fédération anglaise avait déjà soutenu la position particulièrement ferme adoptée par l’UEFA contre le projet. Les 55 associations européennes avaient menacé de boycotter les compétitions de la FIFA si l’ouverture à des investisseurs privés était maintenue.

L’abandon du projet n’a manifestement pas restauré la confiance. Pour une partie du football européen, le problème dépasse désormais largement le sort de FIFA Forward Enterprise. C’est la méthode employée par la présidence Infantino et, plus généralement, la gouvernance de la FIFA qui sont contestées.

Le retrait du soutien anglais constitue à ce titre un signal politique majeur. D’autres fédérations pourraient désormais être tentées de suivre le mouvement.

Le recul sur FIFA Forward Enterprise n’a rien réglé

Au départ, le projet devait permettre à la FIFA d’attirer plusieurs milliards de dollars de capitaux privés en ouvrant une participation minoritaire dans une structure regroupant certaines de ses activités commerciales.

La perspective de voir des investisseurs privés profiter indirectement de la puissance économique de la Coupe du monde a immédiatement suscité de nombreuses interrogations. L’UEFA a surtout dénoncé l’opacité du processus et le manque de consultation des acteurs concernés.

Face à une contestation qui s’étendait au-delà de l’Europe, notamment avec les réserves exprimées par la CONCACAF et l’AFC, Infantino a finalement renoncé au projet.

Le Real Madrid a depuis salué publiquement cette décision. Mais du côté de l’UEFA, le retrait de FIFA Forward Enterprise est considéré comme le début, et non la fin, du règlement de l’affaire.

L’instance européenne veut désormais comprendre comment le projet a été préparé, quelles personnes ont participé aux discussions et jusqu’où les négociations avec d’éventuels investisseurs avaient progressé.

Selon la presse britannique, des démarches ont même été entreprises afin que les documents et communications relatifs à FIFA Forward Enterprise soient conservés dans l’hypothèse d’une future action judiciaire.

Dans le même temps, certains responsables européens souhaiteraient voir Infantino quitter ses fonctions. L’hypothèse d’une démission ou d’une offensive politique contre le président de la FIFA a ainsi fait son apparition dans le débat.

Un effet domino avant l’élection à la FIFA ?

C’est désormais la grande question. Le choix de la Fédération anglaise restera-t-il isolé ou provoquera-t-il un effet domino parmi les associations européennes ?

Le cas anglais est particulièrement symbolique. L’Angleterre représente l’un des marchés les plus puissants du football mondial et la FA est l’une des fédérations historiques du jeu. Perdre son soutien ne suffit évidemment pas à condamner une candidature à la présidence de la FIFA, mais la portée politique de la décision est considérable.

Infantino doit surtout éviter que les engagements obtenus avant la crise commencent à tomber les uns après les autres.

L’UEFA compte 55 associations membres. Si une part importante de celles-ci décidait de ne plus soutenir le président sortant, la prochaine élection pourrait prendre une tournure totalement différente de celle imaginée quelques semaines auparavant.

Il faudrait néanmoins une coalition beaucoup plus large pour réellement menacer Infantino. La FIFA compte 211 associations membres et le poids électoral de l’Afrique, de l’Asie, de la CONCACAF, de la CONMEBOL et de l’Océanie restera déterminant.

Mais l’opposition au projet FFE avait précisément réussi à dépasser le seul cadre européen. C’est ce qui rend la situation actuelle particulièrement délicate pour le président de la FIFA.

La pression augmente encore sur Gianni Infantino

En quelques jours, la séquence est devenue catastrophique pour Gianni Infantino. Son projet économique a été rejeté par plusieurs confédérations. L’UEFA a brandi la menace d’un boycott. FIFA Forward Enterprise a finalement été abandonné. Des interrogations judiciaires sont apparues et la question de son maintien à la présidence est désormais ouvertement posée.

À cela s’ajoute maintenant la perte annoncée du soutien anglais.

Michel Platini a déjà félicité Aleksander Čeferin pour sa fermeté dans cette bataille. Plusieurs grandes figures du football ont également dénoncé la possibilité de voir des investisseurs privés prendre une participation dans les activités liées à la Coupe du monde.

Le problème d’Infantino n’est donc plus seulement de défendre une décision passée. Il doit empêcher la crise de se transformer en mouvement électoral organisé contre lui. Angleterre.

Le retrait de FIFA Forward Enterprise devait mettre un terme à la confrontation. Il n’a visiblement fait qu’ouvrir une deuxième bataille : celle de la présidence de la FIFA.

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