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OM : Mehdi Benatia vide son sac sur le mal qui ronge Marseille

Parti officiellement de l’Olympique de Marseille cet été, Mehdi Benatia porte un regard particulièrement dur sur son expérience phocéenne. L’ancien directeur du football estime que l’OM dispose de nombreux ingrédients pour retrouver durablement le très haut niveau, mais que son environnement constitue encore un frein considérable. Des critiques qui font écho aux alertes qu’il lançait déjà lorsqu’il était en poste.

Mehdi Benatia n’est plus dirigeant de l’Olympique de Marseille. Son départ lui permet désormais de regarder avec davantage de recul une aventure aussi intense qu’éprouvante.

Et lorsqu’il s’agit d’identifier ce qui empêche l’OM de s’installer durablement parmi les grands clubs européens, l’ancien international marocain ne s’arrête pas au terrain, aux joueurs ou aux moyens financiers. C’est tout ce qui gravite autour du club qui l’interpelle.

Benatia et cet environnement marseillais qui l’a épuisé

La critique n’est pas nouvelle chez Mehdi Benatia. Lorsqu’il était encore aux commandes du secteur sportif, il avait déjà publiquement alerté sur certaines pratiques qu’il jugeait néfastes au fonctionnement de l’OM.

En avril 2025, dans un entretien accordé à La Provence, il avait notamment dénoncé les fuites et les luttes internes apparaissant dès que les résultats sportifs devenaient moins bons.

« Je n’ai jamais vu un environnement où, quand ça ne va pas sur le terrain, des gens de l’intérieur du club cherchent à semer la zizanie ! »

Benatia allait même beaucoup plus loin dans son diagnostic :

« Les gens pensent que c’est la normalité, moi j’appelle ça la médiocrité. »

Des paroles extrêmement fortes venant d’un dirigeant encore en fonction à cette époque.

Le Marocain avait connu d’autres environnements particulièrement exigeants pendant sa carrière de joueur. Il était notamment passé par le Bayern Munich et la Juventus, deux institutions où la pression du résultat est quotidienne.

Marseille lui a pourtant fait découvrir une autre forme de pression : celle d’un club où les résultats sportifs peuvent rapidement provoquer des turbulences à tous les étages.

« J’ai du mal avec ceux qui se cachent »

Benatia ne visait pas la passion des supporters marseillais dans son ensemble. Ses critiques concernaient surtout les jeux d’influence, les fuites et certains intérêts individuels pouvant apparaître autour ou à l’intérieur de l’institution.

Il l’avait clairement expliqué :

« J’ai du mal avec ceux qui se cachent ou qui vivent d’intérêts personnels. »

Cette phrase permet de mieux comprendre le fond de son discours.

Pour Benatia, l’OM ne manque pas nécessairement de potentiel. Le club possède un stade exceptionnel, une ferveur populaire unique en France, une marque connue à l’international et une histoire européenne que très peu de clubs français peuvent revendiquer.

Le problème serait plutôt de parvenir à protéger suffisamment le projet sportif des turbulences extérieures et intérieures.

Lorsque les résultats se dégradent, Marseille entre régulièrement dans une période d’agitation où rumeurs, informations internes et remises en cause se multiplient.

Cette instabilité rend particulièrement difficile la construction d’un projet sur plusieurs saisons.

Benatia en a lui-même fait l’expérience. Après la lourde défaite 5-0 contre le PSG en février 2026, il avait décidé de quitter ses fonctions dans un contexte extrêmement tendu. Frank McCourt avait alors refusé sa démission et lui avait maintenu sa confiance jusqu’à la fin de la saison.

L’OM possède-t-il les moyens de devenir un grand d’Europe ?

C’est là tout le paradoxe marseillais.

Sur le papier, l’Olympique de Marseille possède plusieurs caractéristiques d’une grande institution européenne.

Le Vélodrome affiche régulièrement complet. Le club possède une immense communauté de supporters et bénéficie d’une exposition médiatique considérable. Chaque qualification en Ligue des champions replace immédiatement l’OM sous les projecteurs européens.

Mais pour s’installer durablement à ce niveau, il faut également de la continuité.

Les grands clubs européens parviennent généralement à conserver une ligne sportive suffisamment longtemps pour absorber les périodes difficiles. Marseille, lui, retombe régulièrement dans des cycles de reconstruction.

Entraîneurs, directeurs sportifs, cadres et projets se succèdent alors que l’exigence de résultats reste immédiatement maximale.

La saison 2025-2026 aura encore illustré cette fragilité. Roberto De Zerbi a quitté le club et Benatia a finalement achevé son aventure quelques mois plus tard.

Son successeur Grégory Lorenzi a d’ailleurs dû préciser durant l’été que l’ancien directeur du football n’exerçait désormais plus aucune fonction à Marseille.

Benatia parti, mais son avertissement demeure

Le départ de Mehdi Benatia n’efface donc pas les questions qu’il avait posées.

Comment construire dans la durée dans un environnement où chaque mauvaise série peut déclencher une crise ? Comment empêcher les informations internes d’alimenter les tensions ? Et surtout, comment transformer l’immense passion entourant l’OM en force permanente plutôt qu’en pression destructrice ?

Ces interrogations dépassent largement le passage de Benatia.

Marseille a connu de nombreux dirigeants et entraîneurs qui ont raconté, chacun à leur manière, la difficulté de travailler dans cet environnement.

C’est aussi ce qui fait la singularité du club. À Marseille, le football dépasse largement les limites du terrain. L’OM appartient au quotidien de toute une ville et chacune de ses crises prend des proportions considérables.

Benatia connaissait cette passion avant d’accepter le poste. Mais vivre cette pression depuis l’intérieur semble avoir profondément modifié son regard.

Son constat après son départ apparaît finalement dans la continuité de ce qu’il disait déjà lorsqu’il était encore dirigeant.

L’OM possède le public, l’histoire, l’attractivité et l’ambition nécessaires pour regarder vers le sommet. Mais tant que le club ne réussira pas à stabiliser durablement son fonctionnement, le rêve de s’installer parmi les grandes puissances européennes restera fragile.

Et la formule employée par Benatia lorsqu’il était encore en poste continue aujourd’hui de résonner : ce que certains considèrent comme la normalité marseillaise, lui l’appelait tout simplement « la médiocrité ».

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