Site icon FootLégende

Michel Platini : « Les patrons du football, ce sont les Mbappé, les Zidane, les Maradona »

Michel Platini n’a plus pris de gants avec Gianni Infantino. Invité dimanche soir sur le plateau du Canal Football Club, l’ancien président de l’UEFA a livré une charge particulièrement sévère contre son ancien secrétaire général. Pour le triple Ballon d’Or, le président de la FIFA a franchi une ligne rouge en ne respectant pas certaines règles du jeu et devrait désormais quitter son poste.

La crise qui secoue actuellement la FIFA offre un nouveau terrain d’affrontement entre deux hommes qui ont pourtant longtemps travaillé ensemble. Lorsque Michel Platini dirigeait l’UEFA, Gianni Infantino occupait le poste de secrétaire général de l’instance européenne.

Leur relation appartient désormais au passé. Platini a même engagé cet été une procédure judiciaire en France contre Infantino, avec plusieurs chefs de plainte, dont le trafic d’influence et la dénonciation calomnieuse.

Platini : « Les patrons du football, ce sont les Mbappé, les Zidane, les Maradona »

Sur Canal+, l’ancien numéro 10 des Bleus a d’abord livré sa vision du pouvoir dans le football. Il estime que les dirigeants des grandes institutions ont progressivement pris une importance qui devrait, selon lui, appartenir avant tout aux acteurs du terrain.

« Le football, ce sont les matches. Ça, c’est de la politique. C’est un microcosme de personnes qui se prennent pour les patrons du football. Alors que les patrons du football, ce sont les Mbappé, les Zidane, les Maradona. »

Platini poursuit en visant directement le fonctionnement des institutions. Il décrit leurs dirigeants comme des « bureaucrates » qui, une fois confrontés à la gloire, au pouvoir et à l’argent, finissent par perdre le sens des réalités.

Son jugement sur Infantino est encore plus personnel. Après avoir travaillé plusieurs années avec lui à l’UEFA, le Français assure avoir très tôt identifié son attirance pour le pouvoir.

« J’ai toujours su qu’il aimait beaucoup l’argent et le pouvoir. »

Cette sortie prolonge un discours déjà tenu par Platini quelques mois auparavant. En mars, il avait décrit Infantino comme un bon secrétaire général et un bon numéro deux, mais pas comme un bon numéro un.

Cette fois, Platini demande clairement son départ

Le Français ne limite cependant pas ses critiques à la personnalité du président de la FIFA. Il lui reproche aussi des décisions prises lors de la Coupe du monde 2026 et considère qu’elles touchent directement à sa responsabilité de garant des règles.

Platini cite notamment les pauses fraîcheur systématisées pendant le tournoi, l’allongement de la mi-temps de la finale et l’épisode du carton rouge infligé à un joueur américain puis annulé avant la rencontre des États-Unis contre la Belgique.

Pour l’ancien patron de l’UEFA, ces épisodes dépassent le simple débat sur la gouvernance.

« Il a failli, car il est le garant des règles du jeu. Il ne les a pas respectées, il doit partir. »

La déclaration intervient dans une période particulièrement délicate pour Infantino. Le dirigeant suisse est contesté depuis la révélation du projet FIFA Forward Enterprise, qui envisageait d’ouvrir une structure commerciale liée aux compétitions de la FIFA à des investisseurs privés. Face à la fronde, le projet a finalement été abandonné.

L’UEFA fait partie des principales forces opposées au président de la FIFA et envisage désormais une offensive sur le terrain judiciaire. Platini estime d’ailleurs que c’est probablement par cette voie, et non par les institutions sportives elles-mêmes, que pourrait se jouer l’avenir d’Infantino.

« Si l’UEFA veut faire tomber Infantino, ce sera par la justice. »

Le président de la FIFA conserve néanmoins des soutiens importants. La Confédération africaine de football reste notamment derrière lui et Samuel Eto’o a publiquement défendu son bilan ces derniers jours, estimant qu’il avait contribué au développement du football africain.

Infantino est candidat à sa succession lors de l’élection prévue en mars 2027 au Maroc. Platini, lui, ne compte pas profiter de cette crise pour effectuer son retour dans les instances. Interrogé sur cette possibilité, l’ancien dirigeant français a fermé la porte : pour lui, les clubs et les institutions, « c’est fini ».

Quitter la version mobile