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Nasser Al-Khelaïfi, prochain président de la FIFA ?

La crise qui secoue la FIFA remet brutalement la question de la succession de Gianni Infantino au centre des discussions. Parmi les personnalités dont le nom peut naturellement émerger figure Nasser Al-Khelaïfi. Le président du PSG possède désormais une influence considérable dans les institutions du football européen et mondial. Mais peut-il réellement viser la présidence de la FIFA ?

Il y a encore quelques semaines, la question aurait ressemblé à de la politique-fiction. Aujourd’hui, elle mérite au moins d’être posée.

Alors que Gianni Infantino traverse une période extrêmement délicate à la tête de la FIFA, le football mondial commence forcément à regarder vers l’après-Infantino. Et parmi les dirigeants disposant du réseau et du poids institutionnel nécessaires pour entrer dans une telle discussion, Nasser Al-Khelaïfi occupe une place particulière.

Al-Khelaïfi est devenu bien plus que le président du PSG

Pour comprendre pourquoi son nom peut circuler, il suffit d’observer son ascension institutionnelle.

Président du Paris Saint-Germain depuis 2011, Nasser Al-Khelaïfi a progressivement construit une influence dépassant très largement le cadre du club parisien.

Il préside aujourd’hui European Football Clubs (EFC), l’organisation qui représente les intérêts de centaines de clubs européens et qui a succédé à l’ancienne ECA.

Le dirigeant qatari siège également au comité exécutif de l’UEFA. Plus important encore dans la perspective actuelle, il est devenu en octobre 2025 l’un des représentants des clubs européens au Conseil de la FIFA.

Al-Khelaïfi possède donc déjà un pied dans les principales structures de pouvoir du football international.

Son réseau s’étend également au secteur audiovisuel avec ses responsabilités au sein de beIN Media Group. À cela s’ajoute naturellement son rôle dans Qatar Sports Investments.

Sur le seul critère de l’expérience politique et institutionnelle, son profil ne peut donc pas être balayé d’un revers de main.

La chute d’Infantino peut rebattre toutes les cartes

Le véritable élément nouveau se trouve cependant ailleurs : Gianni Infantino n’apparaît plus aussi intouchable.

La polémique autour de FIFA Forward Enterprise a provoqué une fracture majeure entre la FIFA et une partie du football européen. Malgré le retrait du projet controversé concernant les activités commerciales liées à la Coupe du monde, la pression n’est pas retombée.

L’UEFA a poursuivi son offensive. Plusieurs fédérations européennes ont pris leurs distances avec Infantino et certaines voix réclament désormais ouvertement son départ.

La Fédération norvégienne a notamment annoncé son intention d’appeler à sa démission, tandis que la Fédération anglaise aurait décidé de retirer son soutien à sa prochaine réélection.

Des personnalités du football commencent également à sortir du silence.

Dans ces conditions, la question d’une candidature alternative lors de la prochaine élection présidentielle de la FIFA devient beaucoup moins théorique.

Infantino conserve toutefois de puissants soutiens. Le comité exécutif de la CAF vient notamment de réaffirmer « à l’unanimité » son soutien au président de la FIFA.

Et ce détail est fondamental.

Pour gagner la FIFA, il faudrait convaincre bien au-delà de l’Europe

Être puissant à l’UEFA ne suffit pas pour devenir président de la FIFA.

L’organisation mondiale compte 211 associations membres et son président est élu selon le principe d’une fédération, une voix.

Un candidat doit donc construire une coalition beaucoup plus vaste.

L’Afrique dispose de 54 voix. L’Asie, la Concacaf, l’Amérique du Sud et l’Océanie représentent également des blocs indispensables.

C’est précisément l’une des grandes forces politiques d’Infantino. Depuis son élection en 2016, il a construit des relations particulièrement solides avec plusieurs confédérations en dehors de l’Europe, notamment grâce aux programmes de développement de la FIFA.

Pour Al-Khelaïfi, le défi serait donc de transformer son influence européenne en coalition mondiale.

Son profil qatari pourrait théoriquement lui permettre de disposer de relais au Moyen-Orient et en Asie. Ses relations dans le football africain pourraient également compter. Mais rien ne permet aujourd’hui d’affirmer qu’il disposerait du nombre de voix nécessaire.

Un candidat puissant, mais extrêmement clivant

Une éventuelle candidature Al-Khelaïfi provoquerait surtout une bataille politique féroce.

Le dirigeant du PSG compte de nombreux alliés, mais également des adversaires particulièrement déterminés.

Javier Tebas en est l’exemple le plus évident.

Interrogé par RMC sur cette hypothèse, le président de LaLiga n’a laissé planer aucun doute sur son opinion :

« Nasser Al-Khelaïfi serait un mauvais président de la FIFA. Je n’aime pas sa conception du football et il ne travaille pas dans le modèle du foot européen auquel j’aspire. »

Une opposition qui ne date pas d’hier.

Tebas critique depuis longtemps le modèle économique du PSG et plus généralement la puissance financière des clubs soutenus par des États ou des fonds souverains.

À l’inverse, Al-Khelaïfi a considérablement renforcé sa position auprès de l’UEFA depuis la crise de la Super Ligue, lorsque le PSG avait refusé de rejoindre le projet porté notamment par le Real Madrid et le FC Barcelone.

Son éventuelle candidature ferait également ressurgir les débats concernant le cumul de ses responsabilités dans le football, les médias et l’investissement sportif.

Alors, prochain président de la FIFA ?

À ce stade, une précision est indispensable : Nasser Al-Khelaïfi n’est pas officiellement candidat à la présidence de la FIFA.

Son nom est évoqué dans le contexte des discussions sur l’avenir de l’institution et son profil rend naturellement l’hypothèse séduisante. Mais aucune campagne n’a été annoncée.

Et la succession d’Infantino est loin d’être jouée.

Le Suisse conserve le soutien de nombreuses fédérations et la CAF vient encore de lui apporter un appui politique particulièrement important. D’autres dirigeants peuvent également émerger si une véritable bataille électorale s’engage.

Mais la situation actuelle a profondément changé la perception du rapport de force.

Si Infantino venait à démissionner, à être confronté à un vote de défiance ou simplement à perdre suffisamment de soutiens avant la prochaine élection, le football mondial aurait besoin d’un nouveau candidat capable de construire une coalition internationale.

Nasser Al-Khelaïfi possède l’expérience institutionnelle, le réseau et la puissance nécessaires pour être placé dans la conversation.

Reste une question beaucoup plus difficile : les fédérations voudraient-elles réellement lui confier les clés de la FIFA ?

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