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Crise FIFA-UEFA : sous pression, Gianni Infantino convoque ses cadres en urgence au Maroc

Gianni Infantino tente de reprendre la main. Fragilisé par l’effondrement de FIFA Forward Enterprise et par une contestation qui gagne désormais les rangs de la FIFA, le président de l’instance mondiale a convoqué plusieurs de ses principaux collaborateurs au Maroc pour une réunion de crise. Son avenir à la tête de l’organisation devrait forcément planer au-dessus des discussions.

La crise ne faiblit pas autour de Gianni Infantino. Après avoir été contraint d’abandonner son controversé projet FIFA Forward Enterprise, le président de la FIFA doit désormais gérer les conséquences politiques de cet échec.

Selon les informations rapportées par L’Équipe et la presse internationale, Infantino a convoqué au Maroc une réunion avec plusieurs cadres de la FIFA. Le dirigeant cherche à reprendre le contrôle d’une situation devenue particulièrement délicate en quelques jours.

Réunion de crise au Maroc pour Infantino

Le choix du Maroc n’est pas totalement anodin. Gianni Infantino se trouve dans un pays qui demeure l’un de ses soutiens importants. La Fédération royale marocaine de football avait officiellement annoncé en mai qu’elle soutenait sa candidature pour la prochaine élection présidentielle de la FIFA, programmée en mars 2027 à Rabat.

Le Royaume accueillera également une partie de la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal, tandis qu’un bureau Afrique de la FIFA a été installé à Rabat.

C’est dans ce contexte que plusieurs responsables de l’organisation ont été appelés à rejoindre Infantino.

L’urgence est réelle. La polémique autour de FIFA Forward Enterprise a non seulement provoqué une révolte des confédérations et fédérations, mais elle a également créé des tensions au sein de l’administration de la FIFA.

Mattias Grafström, secrétaire général de l’organisation et donc numéro deux administratif de la FIFA, a notamment pris ses distances avec la manière dont le projet avait été conduit.

Dans un message adressé au personnel, le dirigeant suédois a regretté les turbulences provoquées par l’affaire et défendu les employés de l’institution. Une prise de parole particulièrement remarquée dans un environnement où les désaccords avec la présidence sont rarement exposés publiquement.

Kevin Lamour, directeur des opérations de la FIFA, aurait lui aussi exprimé des critiques en interne concernant le projet.

Des proches d’Infantino commencent à prendre leurs distances

C’est probablement le développement le plus inquiétant pour le président de la FIFA.

Jusqu’ici, la principale menace venait de l’extérieur. L’UEFA avait menacé de boycotter les compétitions organisées par la FIFA, tandis que la CONCACAF et la Confédération asiatique avaient également manifesté leur opposition au projet.

Désormais, la contestation atteint directement l’entourage institutionnel d’Infantino.

Selon les informations publiées ces dernières heures, Carlos Cordeiro, conseiller du président et ancien patron de la Fédération américaine, a quitté ses fonctions. Arsène Wenger, directeur du développement du football mondial à la FIFA, a également pris ses distances avec FIFA Forward Enterprise.

Cette succession de prises de position fragilise le récit selon lequel le projet disposait d’un soutien solide au sein de l’organisation.

FIFA Forward Enterprise devait regrouper une grande partie des activités commerciales et événementielles de la FIFA dans une nouvelle structure. Le plan envisageait notamment l’ouverture d’environ 20 % de son capital à des investisseurs privés.

La transaction potentielle était évaluée à environ 4,2 milliards de dollars.

Face à la fronde, Infantino a finalement retiré le projet. Mais cette décision n’a pas permis de tourner la page.

L’UEFA réclame désormais des explications sur sa conception et menace même d’engager une procédure judiciaire. L’instance européenne aurait demandé que les documents, courriels et communications relatifs au dossier soient conservés.

La réélection de Gianni Infantino au centre des inquiétudes

Derrière cette réunion marocaine se trouve désormais une autre bataille : celle de mars 2027.

Gianni Infantino était jusqu’à récemment considéré comme le grand favori à sa propre succession. Mais l’affaire FIFA Forward Enterprise a commencé à fissurer cette coalition.

La Fédération anglaise devrait notamment retirer son soutien au dirigeant. D’autres associations européennes pourraient suivre.

Infantino dispose néanmoins encore de nombreux appuis. Le Maroc reste derrière lui et plusieurs dirigeants africains continuent de soutenir son action, notamment en raison des investissements considérables réalisés par la FIFA dans le développement du football.

L’Afrique, l’Asie et l’Océanie pourraient ainsi devenir décisives pour son avenir.

Le système électoral de la FIFA donne une voix à chacune de ses 211 associations membres. L’opposition européenne ne suffit donc pas, à elle seule, à faire tomber un président.

Mais la possibilité d’une contestation beaucoup plus large ne peut désormais plus être écartée.

Un Congrès extraordinaire pourrait même être convoqué si au moins 43 associations membres en faisaient la demande. Dans un contexte où plusieurs confédérations étudient leurs moyens de pression contre la FIFA, cette possibilité prend une importance nouvelle.

Infantino joue une partie décisive au Maroc

Le président de la FIFA doit donc mener deux opérations simultanément.

La première consiste à rétablir l’ordre à l’intérieur de son administration. La seconde est beaucoup plus politique : empêcher que la fronde européenne se transforme en coalition internationale contre sa réélection.

Le Maroc constitue pour cela un terrain favorable. La FRMF avait annoncé dès le 1er mai son soutien exclusif à Infantino pour l’élection de 2027. Rabat accueillera d’ailleurs le Congrès électif le 18 mars prochain.

Le contraste est saisissant.

Quelques semaines auparavant, Infantino sortait d’une Coupe du monde 2026 record et semblait disposer d’une position extrêmement solide à la tête du football mondial.

Depuis, FIFA Forward Enterprise a provoqué une réaction en chaîne : menace de boycott de l’UEFA, opposition d’autres confédérations, abandon du projet, menaces judiciaires, retrait de soutiens électoraux et désormais contestation parmi certains cadres de sa propre organisation.

La réunion convoquée au Maroc dépasse donc largement une simple séance de travail.

Gianni Infantino doit rassurer son administration, préserver ses soutiens et surtout éviter que la crise née de FIFA Forward Enterprise ne devienne une crise de succession.

À sept mois de l’élection présidentielle prévue à Rabat, le patron de la FIFA joue désormais une partie beaucoup plus importante que le projet commercial qu’il vient d’abandonner : celle de sa survie à la tête du football mondial.

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