Robert Lewandowski a marqué son époque. Machine à buts au Borussia Dortmund, au Bayern Munich puis au FC Barcelone, le Polonais s’est construit une réputation de professionnel obsessionnel, exigeant et parfois glacial. Si son efficacité a rarement été contestée, son comportement et sa personnalité ont en revanche suscité plusieurs tensions au fil de sa carrière.
D’anciens coéquipiers, des légendes du football ou des membres de la sélection polonaise ont lâché des phrases fortes sur l’attaquant. Certaines réactions traduisent de l’agacement, d’autres une vraie fracture humaine. Retour sur ces paroles qui ont écorné l’image du buteur polonais.
Arjen Robben, une relation longtemps compliquée
Au Bayern Munich, Robert Lewandowski et Arjen Robben ont formé l’une des attaques les plus redoutables d’Europe. Pourtant, en coulisses, tout n’a pas toujours été simple. Très vite, des tensions sont apparues autour du style de jeu du Néerlandais, souvent accusé d’être trop individualiste.
En 2015, après plusieurs frustrations visibles sur le terrain, Lewandowski avait laissé entendre qu’il attendait davantage de collectif dans certaines situations offensives. Selon plusieurs médias allemands relayés à l’époque, le Polonais supportait difficilement les choix personnels de Robben dans les derniers mètres.
Plus tard, Lewandowski lui-même reconnaîtra que leur relation sportive avait demandé du temps :
« Au début, ce n’était pas facile avec Arjen. Nous avions une manière différente de voir certaines actions offensives. »
L’attaquant du Bayern avait toutefois fini par calmer le jeu en ajoutant :
« Mais nous avons appris à nous comprendre et il est devenu un partenaire exceptionnel. »
Des mots diplomatiques, mais qui confirment qu’entre deux joueurs au très fort ego compétitif, la cohabitation n’a jamais été totalement naturelle.
Parmi toutes les critiques entendues sur Lewandowski, une phrase est restée célèbre en Allemagne. Le journaliste Christian Falk, très proche du Bayern Munich, a raconté dans son podcast qu’un joueur bavarois lui avait un jour confié :
« Je pensais qu’Arjen Robben était le joueur le plus égoïste que j’avais vu. Puis Robert Lewandowski est arrivé. »
Cette déclaration, relayée par plusieurs médias allemands et anglais, a énormément fait parler.
Elle résume parfaitement l’image qui a parfois collé à la peau du Polonais : celle d’un attaquant obsédé par les statistiques et le but. Certains anciens du Bayern racontaient même qu’il pouvait mal vivre le fait de ne pas être servi dans certaines situations.
Mais cette obsession a aussi fait sa grandeur. Car derrière cette réputation d’égoïste, Lewandowski affichait une efficacité hors normes et des standards physiques impressionnants.
La fracture avec Łukasz Skorupski et Jan Tomaszewski en sélection polonaise
Les tensions autour de Lewandowski ont pris une autre dimension avec la sélection polonaise. Après le Mondial 2022, plusieurs critiques internes ont émergé autour du fonctionnement du groupe et du leadership du capitaine.
Le gardien Łukasz Skorupski avait notamment évoqué des désaccords liés à la gestion d’une prime promise aux joueurs pendant la Coupe du monde. Des propos qui avaient profondément irrité Lewandowski.
Le buteur du Barça avait alors répondu publiquement :
« Skorupski a menti. Toute l’équipe a été surprise par ses déclarations. »
Avant d’ajouter :
« Nous avons parlé dans le vestiaire et tout le monde lui a demandé pourquoi il avait raconté cela. »
Des mots particulièrement durs venant du capitaine de la sélection.
Cet épisode a renforcé l’idée d’un vestiaire polonais parfois fatigué par la pression autour de sa superstar.
Ancien gardien mythique de la Pologne, Jan Tomaszewski n’a jamais caché son agacement envers Lewandowski ces dernières années. Très critique sur sa communication et sa gestion des conflits, il a plusieurs fois secoué publiquement le joueur du Barça.
Lors des tensions autour de son avenir en sélection, Tomaszewski avait notamment déclaré :
« Lewandowski doit se comporter comme un homme. »
Avant d’enchaîner :
« Il est une légende, mais cela ne lui donne pas tous les droits. »
Des propos extrêmement forts dans un pays où Lewandowski reste une icône nationale.
Tomaszewski estimait notamment que le joueur avait parfois tendance à se placer au-dessus du collectif et de l’institution.
Le brassard retiré : la crise de trop ?
En 2025, le sélectionneur Michal Probierz décide finalement de retirer le brassard de capitaine à Lewandowski pour le donner à Piotr Zielinski. Une décision vécue comme une humiliation par le buteur.
La réaction du joueur a été immédiate :
« J’ai perdu confiance dans le sélectionneur. »
Puis :
« Tant qu’il sera là, je ne jouerai plus pour la sélection. »
Cette sortie fracassante a provoqué un énorme débat en Pologne.
Dans la foulée, plusieurs médias polonais ont affirmé qu’une partie du vestiaire avait accueilli cette décision avec soulagement. Certains joueurs estimaient que l’omniprésence de Lewandowski pesait sur le groupe.
Robert Lewandowski n’a jamais été le joueur le plus chaleureux du circuit. Très méthodique, extrêmement discipliné et obsédé par la performance, il s’est souvent construit contre les autres plutôt qu’avec eux.
Ce fonctionnement lui a permis de devenir l’un des meilleurs buteurs de l’histoire moderne. Mais il a aussi provoqué des tensions. Robben, certains membres du Bayern, Skorupski ou Tomaszewski ont tous, à leur manière, exprimé un malaise ou une critique envers lui.
Pour autant, ces conflits ne résument pas sa carrière. Lewandowski reste respecté pour son professionnalisme, sa rigueur physique et son incroyable régularité. Même ses détracteurs reconnaissent souvent une chose : son exigence était parfois difficile à vivre, mais elle venait d’une obsession absolue pour la victoire.
Et c’est peut-être cela qui explique pourquoi Robert Lewandowski est autant admiré… que discuté.







