Ancien maître à jouer des Girondins et international français, Johan Micoud se lance dans la bataille municipale à Bordeaux. Une reconversion politique fidèle à son attachement au sport et à sa ville.
Il a porté le numéro 10 avec élégance, dicté le tempo au Parc Lescure et illuminé la Bundesliga sous le maillot du Werder Brême. Johan Micoud s’apprête désormais à évoluer sur un tout autre terrain : celui de la politique locale. L’ancien international français (17 sélections, 1 but) figure sur la liste de Philippe Dessertine pour les élections municipales de Bordeaux, prévues les 15 et 22 mars 2026.
À 52 ans, l’ancien meneur de jeu ne quitte pas l’univers du football, il en change simplement l’angle. En cas de victoire de sa liste, Micoud serait en charge des questions liées au sport. Une mission qui prolonge naturellement son parcours et son attachement à la ville où il a marqué l’histoire des Girondins.
Formé à Cannes, révélé à Bordeaux, Johan Micoud reste associé au titre de champion de France 1999 conquis aux côtés de Wiltord, Laslandes et Pauleta un peu plus tard. Sa vision du jeu, son pied droit soyeux et sa capacité à ralentir ou accélérer le tempo faisaient de lui un chef d’orchestre respecté. En Allemagne, au Werder Brême, il a également laissé une empreinte durable, remportant le doublé Coupe-Championnat en 2004.
Raymond Domenech l’avait régulièrement convoqué en équipe de France au début des années 2000, convaincu de sa justesse technique. Micoud incarnait une génération intermédiaire, coincée entre les champions du monde 1998 et l’éclosion de la nouvelle vague des années 2010.
Un engagement dans la continuité
Sa décision de s’engager à Bordeaux ne surprend pas totalement. Depuis sa retraite sportive en 2008, Micoud n’a jamais été très loin des terrains. Consultant, observateur attentif du football français, il a souvent plaidé pour un sport plus structuré et plus proche des réalités locales.
« J’aime rassembler, accompagner des initiatives et encourager celles et ceux qui font vivre le sport au quotidien », a-t-il expliqué dans un communiqué. Des mots qui rappellent le joueur qu’il était : collectif, à l’écoute, soucieux de l’équilibre du groupe.
Dans une ville où le football a longtemps été un marqueur identitaire fort, l’implication de Micoud possède une dimension symbolique. Les Girondins traversent une période complexe, et le sport local cherche un nouveau souffle. L’ancien numéro 10 entend soutenir la pratique pour tous et renforcer le rôle du sport dans la cohésion sociale.
À l’image d’autres anciens joueurs devenus acteurs publics – on pense à Lilian Thuram engagé sur les questions sociales ou à George Weah devenu président du Liberia – Micoud explore une voie où l’influence dépasse la pelouse.







