À un peu plus d’un mois des élections présidentielles du FC Barcelone, la tension monte à Barcelone. La démission officielle de Joan Laporta, étape formelle avant une nouvelle candidature, a lancé une campagne qui s’annonce bien plus disputée qu’en 2021. Favori sur le papier, le président sortant n’avance plus avec la même sérénité.
Élu il y a cinq ans avec une majorité confortable, Laporta aborde ce scrutin avec un socle solide, mais érodé. Sportivement, les résultats récents et la dynamique impulsée par le staff actuel ont permis de masquer certaines fissures. En coulisses, en revanche, les critiques persistent. Gestion financière sous perfusion, activation répétée des “leviers économiques”, tensions autour du fair-play financier de la Liga, déménagement à Montjuïc et retards du chantier du Camp Nou : autant de dossiers qui alimentent le malaise d’une partie de l’opinion blaugrana.
À cela s’ajoute un sujet toujours sensible, presque intime pour les socios : la rupture avec Lionel Messi. Promesse non tenue, séparation brutale en 2021, relations glaciales depuis. Pour beaucoup, cette fracture symbolise les limites du discours laportiste, fait d’annonces fortes mais parfois déconnectées de la réalité économique.
Laporta, favori fragilisé avec Messi dans les parages
L’ombre de Messi plane sur cette campagne. En novembre dernier, lors d’une visite surprise au Camp Nou, l’Argentin avait laissé filtrer une phrase lourde de sens :
« Hier soir, je suis retourné dans un lieu qui me manque terriblement. Un lieu où j’ai été tellement heureux. J’espère qu’un jour, je pourrai revenir, et pas seulement pour faire mes adieux comme joueur… »
Sans soutenir officiellement un candidat, Messi détient un pouvoir d’influence unique. Un simple message, une posture publique, voire un silence interprété, pourrait peser dans l’esprit des votants. Laporta le sait : voir la légende du club se rapprocher d’un concurrent serait un coup dur difficile à encaisser.
Face à Laporta, Víctor Font apparaît comme l’alternative la plus crédible. Déjà deuxième en 2021, il revient avec un discours plus affûté, axé sur une gouvernance modernisée, une répartition du pouvoir moins centralisée et un retour à une identité institutionnelle plus collective. Son rapprochement assumé avec Xavi Hernández renforce sa crédibilité auprès d’une frange du barcelonisme attachée à l’ADN du club.
D’autres profils, comme Marc Ciria ou Xavier Vilajoana, complètent le tableau. Leur poids électoral reste incertain, mais dans un scrutin serré, chaque pourcentage comptera.
Le Real Madrid en arrière-plan
Dans ce climat, le Real Madrid s’invite indirectement dans le débat. Rivalité historique, polémiques arbitrales, Super Ligue, affaire Negreira : certains supporters reprochent à Laporta une posture jugée trop conciliante vis-à-vis de l’ennemi juré. À l’inverse, une ligne plus dure contre Madrid pourrait séduire une base électorale sensible à ce discours identitaire.
Au bout du compte, ce sont les socios qui trancheront. Entre reconnaissance pour le redressement sportif, lassitude face aux crises répétées et attente d’un projet plus lisible, leur choix s’annonce complexe. Laporta part avec l’avantage de l’expérience et de la visibilité. Mais dans une élection où l’émotion, les symboles et les alliances comptent autant que les bilans chiffrés, rien n’est figé.
Messi, le Real et le climat interne forment une équation instable. Et pour la première fois depuis longtemps, Joan Laporta pourrait réellement vaciller.







