Alors que les appels à la démission de Gianni Infantino se multiplient, la FIFA a décidé de réagir publiquement. Dans un communiqué particulièrement offensif, l’instance dénonce une « tentative concertée et continue » visant son président et prévient qu’elle n’acceptera pas que les procédures démocratiques de l’organisation soient contournées. Un message qui éloigne, pour l’instant, le scénario d’un départ volontaire.
Gianni Infantino ne semble pas décidé à abandonner son fauteuil. Après plusieurs jours d’une crise qui ne cesse de prendre de l’ampleur, la FIFA est finalement sortie du silence pour défendre publiquement son président.
Le communiqué intervient à un moment particulièrement sensible. Le dirigeant suisse est confronté à une fronde européenne après l’échec de son projet controversé visant à ouvrir une partie des activités commerciales liées aux compétitions de la FIFA à des investisseurs privés.
Malgré le retrait du projet, la contestation n’a pas disparu. Au contraire, plusieurs fédérations ont retiré leur confiance à Infantino et certaines demandent désormais son départ.
🚨 Gianni Infantino sort du silence face aux critiques !
La FIFA dénonce une offensive contre Infantino
Face à cette accumulation de critiques, la FIFA a choisi la contre-attaque.
Dans son communiqué, l’instance affirme constater une « tentative concertée et continue » destinée à affaiblir la FIFA et son président.
L’organisation estime notamment que certaines informations publiées ces derniers jours reposent sur des accusations non étayées ou fausses. Elle considère que la contestation actuelle dépasse désormais le simple débat autour de FIFA Forward Enterprise et vise directement la légitimité de son président.
La FIFA insiste surtout sur un point : la direction de l’organisation doit être déterminée conformément à ses statuts et à ses processus démocratiques.
« Toute tentative visant à contourner les processus démocratiques établis de la FIFA est totalement inacceptable. »
Le message est particulièrement clair à destination des opposants d’Infantino.
La FIFA estime que son président dispose d’un mandat obtenu auprès de ses associations membres et qu’un éventuel changement de direction ne peut intervenir qu’en respectant les mécanismes prévus par l’organisation.
Autrement dit, la FIFA ne donne aucun signe laissant penser qu’Infantino envisage actuellement une démission.
Démission de Gianni Infantino ? La FIFA ne semble pas vouloir céder
C’est précisément la question qui agite désormais le football mondial.
Après l’abandon du projet de vente d’une participation dans les activités commerciales de la Coupe du monde, certains dirigeants européens espéraient obtenir davantage qu’un simple retrait.
L’UEFA maintient une forte pression sur Infantino. La Fédération norvégienne a annoncé qu’elle demanderait son départ. Plusieurs associations européennes ont également retiré leur soutien à sa future réélection.
La Fédération anglaise fait partie des instances ayant pris leurs distances avec le président de la FIFA.
La situation est suffisamment sérieuse pour que l’hypothèse d’un vote de défiance soit désormais évoquée.
Mais le communiqué publié par la FIFA change le ton.
L’instance ne présente plus seulement la crise comme un désaccord institutionnel. Elle décrit désormais une offensive visant directement son président et affirme qu’elle défendra l’intégrité de ses procédures.
« La FIFA ne tolérera aucune tentative visant à porter atteinte à son intégrité, à sa gouvernance ou à ses procédures régulières. »
Cette position constitue une réponse directe à ceux qui espéraient pousser Infantino vers une sortie rapide.
Pour l’heure, il n’y aura donc manifestement pas de démission sous la pression.
Infantino conserve de puissants soutiens
La stratégie de résistance du président de la FIFA s’explique également par le rapport de force mondial.
Si Infantino est de plus en plus contesté en Europe, il n’est pas isolé à l’échelle internationale.
La Confédération africaine de football vient notamment de lui apporter un soutien politique extrêmement important. Réuni jeudi, son comité exécutif a réaffirmé « à l’unanimité » son appui au président de la FIFA.
La CONMEBOL lui a également témoigné son soutien, tandis que plusieurs fédérations hors d’Europe restent derrière lui.
Cette situation est fondamentale car le président de la FIFA n’est pas élu par l’UEFA seule.
Les 211 associations membres disposent chacune d’une voix au Congrès. Pour faire tomber Infantino ou empêcher sa réélection, ses adversaires devront donc construire une coalition dépassant très largement les frontières européennes.
C’est probablement sur ce terrain que va désormais se déplacer la bataille.
Infantino peut notamment compter sur les relations développées depuis 2016 avec l’Afrique, l’Amérique du Sud et plusieurs fédérations d’autres confédérations, en particulier grâce aux programmes FIFA Forward.
Une guerre désormais totalement ouverte
Le communiqué intervient également après de nouvelles révélations concernant le passé d’Infantino à l’UEFA.
Selon le Telegraph, l’instance européenne avait versé une indemnité à six chiffres à une ancienne collaboratrice avec laquelle Infantino aurait entretenu une relation lorsqu’il était secrétaire général de l’organisation.
L’UEFA a confirmé l’existence du paiement, tout en précisant qu’il avait été effectué conformément aux règles en vigueur à l’époque. La FIFA conteste fermement les accusations visant son président et les qualifie de diffamatoires.
Ces révélations ont manifestement contribué au ton particulièrement offensif du nouveau communiqué.
La FIFA estime désormais être confrontée à une accumulation d’informations destinées à fragiliser son président au moment où celui-ci prépare la prochaine échéance électorale.
Infantino doit en effet solliciter un nouveau mandat lors de la prochaine élection présidentielle.
Et c’est probablement là que se trouve la véritable bataille.
Ses adversaires peuvent continuer à demander sa démission. Ils peuvent également tenter de provoquer un vote de défiance ou construire une candidature suffisamment forte pour lui barrer la route.
Mais la position affichée par la FIFA est désormais limpide : Gianni Infantino ne compte pas partir simplement parce que ses opposants le réclament.
Après plusieurs jours durant lesquels l’UEFA et les fédérations hostiles au dirigeant semblaient dicter le rythme de la crise, le camp Infantino vient donc de répondre.
La guerre institutionnelle qui secoue le football mondial entre dans une nouvelle phase : celle d’une bataille ouverte pour le pouvoir à la FIFA.







