Après deux défaites en trois matches de Premier League et une élimination douloureuse au Mondial des clubs, Pep Guardiola donne des signes d’usure. À 54 ans, son règne à Manchester City interroge.
L’essentiel
- Pep Guardiola traverse l’un de ses pires débuts de saison avec Manchester City, fragilisé par deux défaites rapides en championnat.
- À l’image d’Arsène Wenger en fin de cycle, le Catalan est accusé d’entêtement et d’essoufflement après neuf ans sur le banc.
- Le derby de Manchester, attendu ce week-end, pourrait accélérer la remise en cause de son héritage à l’Etihad.
La défaite concédée sur le fil face à Brighton avant la trêve internationale a marqué les esprits. Guardiola, d’ordinaire volcanique, est apparu apathique, presque absent. Après neuf ans et deux mois à la tête de Manchester City, le technicien catalan semble émoussé, son équipe privée de l’allant qui faisait sa force. La série noire, entamée par un revers face à Al-Hilal au Mondial des clubs, confirme un malaise plus profond qu’un simple accident de parcours.
Avec deux défaites en trois journées de Premier League, City s’expose à un scénario inédit depuis plus de trente ans : aucun champion n’a surgi après un tel départ. Plus inquiétant encore, les adversaires semblent avoir percé le code Guardiola, en exploitant les espaces laissés par une défense recomposée et en accélérant les transitions offensives.
Le spectre d’Arsène Wenger
La comparaison n’est pas fortuite : comme Arsène Wenger à Arsenal, Guardiola risque de s’enliser dans une fin de règne où l’entêtement masque l’usure. L’été dernier lui avait offert une sortie idéale, au sommet, avec un quatrième titre consécutif en Premier League, exploit jamais réalisé auparavant. Mais au lieu de ce « mic drop » parfait, il a choisi de poursuivre, quitte à voir son héritage terni.
Ses propres mots, après l’élimination contre le Real Madrid en Ligue des champions, résonnent comme un aveu : « Mes tactiques ne fonctionnent plus comme avant. » Un constat brutal pour l’entraîneur qui a révolutionné le jeu par son obsession de la possession et ses schémas millimétrés. Aujourd’hui, sa philosophie paraît figée, dépassée par des entraîneurs plus jeunes comme Thomas Frank ou Fabian Hürzeler, capables de dynamiter ses certitudes par un football plus direct.
À 54 ans, Guardiola laisse transparaître des signaux contradictoires. On l’a vu au US Open à New York, puis sur les greens de Wentworth, supporter et conseiller de son ami Tommy Fleetwood. Des échappées sportives qui témoignent de son besoin de respirer, comme il l’avait déjà fait en 2012 après son départ du Barça. Mais à City, ces parenthèses apparaissent comme des indices d’une lassitude plus profonde.
Son contrat court jusqu’en 2027 et il a déjà confié vouloir se mettre au français, au golf et à la cuisine. Mais avant d’imaginer une reconversion, le technicien doit prouver qu’il a encore l’énergie de réinventer son City. Le derby contre Manchester United pourrait être un premier verdict : confirmation d’un déclin ou début d’une nouvelle révolution tactique.







