Dans un podcast néerlandais, Ruud Gullit a lâché un cri du cœur inattendu. L’ancienne gloire du Milan et de Chelsea affirme ne plus prendre plaisir à regarder le football moderne.
Il fut l’un des symboles du jeu total, de la liberté technique et du panache offensif des années 1980. Aujourd’hui, Ruud Gullit regarde le football avec amertume. Dans un entretien accordé à Ziggo Sport, l’ancien Ballon d’Or 1987 a dressé un constat sévère, presque désabusé, après avoir visionné un choc de Premier League entre Arsenal FC et Chelsea FC dimanche dernier.
« J’ai décidé d’arrêter de regarder le football. Je n’apprécie plus notre sport », a-t-il confié sans détour. Ce match, qu’il juge “complètement nul”, serait selon lui le reflet d’une dérive plus profonde : un jeu devenu calculateur, mécanique, obsédé par les détails tactiques. « Je vois des joueurs essayer de créer des corners, créer des touches… des ramasseurs de balles prêts à donner des serviettes. Le football est devenu absolument horrible. »
Le propos peut paraître excessif. Il traduit surtout la nostalgie d’une époque où l’improvisation primait sur le contrôle. Gullit évoque ce qui, à ses yeux, manque aujourd’hui : l’audace. « Où sont les joueurs qui dribblent ? Où sont ceux qui osent ? Tout le monde passe, passe, passe… »
Le Néerlandais cite Lamine Yamal comme une lueur d’espoir, un joueur capable d’affronter son défenseur, de provoquer, de créer du déséquilibre. Une rareté dans un football dominé par la structure collective et les consignes millimétrées.
Gullit parle avec la légitimité d’un homme qui a incarné la créativité flamboyante du AC Milan de Sacchi et la révolution néerlandaise aux côtés de Rijkaard et Van Basten. Son football était physique, certes, mais libre, instinctif. Aujourd’hui, il voit des “exécutants”.







