En l’espace de quelques jours, deux entraîneurs engagés dans des compétitions européennes ont quitté leur poste : Thomas Frank à Tottenham et Roberto De Zerbi à Marseille.
Tottenham : l’expérience Thomas Frank tourne court
Arrivé en juin 2025 en provenance de Brentford, Thomas Frank incarnait le pari de la continuité et de la stabilité. Les Spurs lui avaient confié un contrat longue durée, avec l’idée d’installer un projet structuré jusqu’en 2028. Huit mois plus tard, l’histoire s’est refermée prématurément.
Le bilan a pesé lourd. En Premier League, Tottenham stagnait à la 16e place avec une série inquiétante de matches sans victoire. Malgré un investissement massif sur le marché des transferts et une qualification en phase à élimination directe de Ligue des Champions, le club londonien a jugé la dynamique trop fragile.
Les supporters avaient déjà manifesté leur frustration lors des dernières rencontres à domicile. La direction, elle, a tranché. Dans son communiqué, le club a évoqué la nécessité d’un “changement immédiat pour inverser la tendance”. Une phrase qui résume l’impatience chronique du football moderne.
Frank paie surtout une incapacité à stabiliser défensivement son équipe et à installer une identité claire, alors même que l’effectif semblait calibré pour jouer le haut de tableau. L’écart entre les ambitions affichées et la réalité du classement est devenu impossible à défendre.
Marseille : De Zerbi, entre promesses et tensions
Du côté de l’OM, la situation est différente dans la forme, mais similaire dans le fond. Roberto De Zerbi, arrivé à l’été 2024 avec l’image d’un technicien audacieux et moderne, avait réussi une première saison convaincante, conclue par une deuxième place en Ligue 1.
Mais la deuxième année a été plus chaotique. L’élimination en Ligue des Champions et surtout la lourde défaite dans le Classique face au PSG ont précipité une décision déjà en gestation. Officiellement, il s’agit d’une séparation “à l’amiable”. Officieusement, la rupture semblait inévitable.
Le technicien italien n’a jamais totalement réussi à maîtriser l’environnement marseillais. Pression médiatique, exigences populaires, instabilité structurelle : le contexte phocéen reste l’un des plus exigeants d’Europe. Ses principes de jeu offensifs ont parfois séduit, mais la régularité n’a pas suivi.
Des divergences internes et une perte progressive de confiance du vestiaire ont également pesé. À Marseille, la patience n’est pas une vertu dominante.
Ces deux départs illustrent la fragilité des bancs européens, même pour des projets annoncés comme structurants. Thomas Frank disposait d’un contrat long et d’un recrutement conséquent. Roberto De Zerbi bénéficiait d’un crédit important après une première saison réussie. Aucun des deux entraîneurs n’a été épargné.







