Il y a des clubs où le banc est un poste stratégique. À Marseille, il ressemble parfois à un siège éjectable. Avec le départ récent de Roberto De Zerbi, l’Olympique de Marseille s’apprête à nommer son 31e entraîneur en Ligue 1 depuis 2000, intérimaires compris. Un chiffre qui dit tout d’un mal profond.
La lourde claque reçue face au Paris Saint-Germain (5-0) a agi comme un déclencheur. Mais le problème dépasse largement un résultat. À Marseille, les projets s’enchaînent sans jamais vraiment s’installer. Chaque nouvel entraîneur arrive avec une promesse de renouveau, une idée de jeu, un discours ambitieux. Et trop souvent, l’histoire s’interrompt avant même d’avoir pris forme.
Le club alterne phases d’espoir et rechutes brutales. Une deuxième place prometteuse peut être suivie d’une saison irrégulière, d’un vestiaire sous tension ou d’un mercato contesté. L’environnement marseillais, passionné et exigeant, amplifie chaque secousse.
Le poids du contexte marseillais
Marseille n’est pas un club comme les autres. Le public vit chaque match comme une affaire d’État. Les médias locaux dissèquent la moindre décision. La direction, sous pression permanente, cherche des réponses rapides. Dans ce climat, la patience devient un luxe.
Changer d’entraîneur est souvent perçu comme la solution la plus immédiate. Mais à force de repartir de zéro, le club peine à construire une continuité sportive claire. Les cycles sont courts, parfois trop courts pour installer une identité forte et durable.
Un seul homme a réussi à traverser les tempêtes et à inscrire son action dans le temps : Didier Deschamps. Trois saisons complètes, des titres, une stabilité retrouvée. Son passage illustre une évidence : quand le cadre est solide et le projet assumé, l’OM peut performer.
Depuis, aucun technicien n’a su ou pu s’inscrire dans cette durée. Les ruptures successives ont empêché toute continuité réelle.
À l’heure d’ouvrir un nouveau chapitre, la question dépasse le nom du prochain entraîneur. L’OM doit-il revoir son modèle de gouvernance ? Accepter une saison de transition pour bâtir sur le long terme ? Ou restera-t-il prisonnier de cette culture de l’urgence ?







