À quelques mois de la Coupe du monde 2026, le Mexique fait face à une vague de violences liée aux cartels. Un contexte sécuritaire tendu qui interroge sur l’organisation du tournoi et la sécurité des supporters.
Le football aime les promesses de fête et d’unité. Mais à l’approche de la Coupe du monde 2026, coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, l’actualité mexicaine vient brutalement rappeler que le sport ne vit jamais en vase clos. Depuis dimanche, une flambée de violences attribuée au cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG) secoue le pays après l’élimination de son chef historique, Nemesio Oseguera Cervantes, dit « El Mencho », lors d’une opération militaire.
Fusillades avec l’armée, routes bloquées, bus et commerces incendiés : les images diffusées sur les réseaux sociaux ont frappé l’opinion internationale. L’État de Jalisco, placé en alerte maximale, est directement concerné. Sa capitale, Guadalajara, doit accueillir quatre matches du Mondial cet été. Mexico et Monterrey figurent également parmi les villes hôtes.
En 24 heures, au moins 25 membres de la Garde nationale auraient été tués. La violence s’est propagée à une douzaine de régions. Pour les autorités mexicaines, il s’agit d’une riposte spectaculaire destinée à démontrer que le cartel conserve sa capacité de nuisance.
Des experts en criminologie soulignent qu’après la neutralisation d’un chef, une période d’instabilité est fréquente, le temps que la hiérarchie criminelle se réorganise. Le risque n’est pas tant une volonté de perturber la Coupe du monde qu’une escalade incontrôlée des affrontements.
Paradoxalement, certains analystes estiment que les cartels n’ont aucun intérêt économique à saboter l’événement. Le Mondial représente des milliards en retombées touristiques et commerciales. Dans plusieurs régions, l’économie locale – légale et informelle – bénéficie directement de l’afflux de visiteurs.
Quel impact pour les supporters ?
Les gouvernements étrangers ont réagi rapidement. Les États-Unis ont recommandé à leurs ressortissants de limiter leurs déplacements dans certaines zones. Le Canada a suspendu temporairement des vols vers Puerto Vallarta. Plusieurs rencontres de championnat mexicain ont été reportées par précaution.
La question centrale demeure : le Mexique pourra-t-il garantir la sécurité des supporters internationaux ? L’organisation d’un Mondial implique un dispositif sécuritaire exceptionnel, avec coopération internationale et déploiement massif des forces de l’ordre. Les autorités mexicaines affirment être en mesure de contenir la situation.
Le contexte politique complique toutefois l’équation. Les cartels ont été récemment désignés organisations terroristes par l’administration américaine, accentuant la pression diplomatique. Cette dimension géopolitique ajoute un degré de sensibilité à l’événement.
Dans l’histoire des grandes compétitions, les crises sécuritaires ne sont pas inédites. De l’Euro 2016 en France à la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, les inquiétudes ont souvent précédé les tournois. La réalité a parfois démenti les scénarios les plus pessimistes. Mais chaque situation est unique.
Pour la FIFA, l’enjeu dépasse la seule réussite sportive. Il s’agit d’un Mondial élargi à 48 équipes, vitrine d’un football globalisé. Le Mexique, passionné de football et habitué aux grandes organisations, a déjà accueilli deux Coupes du monde (1970 et 1986). L’histoire plaide pour sa capacité logistique. Le présent impose la vigilance.
À quelques mois du coup d’envoi, la question n’est pas seulement sécuritaire. Elle touche à l’image internationale du pays et à la confiance des supporters. Le football peut-il, une fois encore, servir de catalyseur d’unité dans un contexte troublé ? Ou cette flambée de violence laissera-t-elle une ombre persistante sur le Mondial 2026 ?







