Avant l’Ajax, Feyenoord, Arsenal ou l’OM, il y avait deux frères inséparables et des trajets interminables pour poursuivre leur rêve. Quinten Timber est revenu sur son enfance avec son jumeau Jurriën. Des parties de football dans les rues d’Utrecht aux voyages effectués seuls pour rejoindre Rotterdam, le milieu marseillais raconte les sacrifices d’une famille qui ne disposait pas toujours des moyens nécessaires pour accompagner les ambitions des deux garçons.
Ils ont grandi ensemble et le football ne les a pratiquement jamais quittés. Aujourd’hui, Quinten Timber évolue à l’Olympique de Marseille tandis que son frère jumeau Jurriën a construit sa carrière au plus haut niveau. Mais avant de devenir professionnels, les deux Néerlandais ont connu un quotidien beaucoup moins confortable.
Dans un entretien accordé à L’Équipe, Quinten Timber a ouvert la boîte à souvenirs. Celui qui a rejoint très jeune le centre de formation de Feyenoord raconte notamment comment le football rythmait déjà la vie de toute la famille.
« À 13-14 ans, avec mon frère, on prenait le bus, le train, TOUJOURS À DEUX ENSEMBLE, ON VEILLAIT L’UN SUR L’AUTRE, ça rassurait ma mère. » 🥰
Quinten Timber 🇳🇱 (OM) raconte la routine qu’il avait avec son frère lorsqu’il a signé à Feyenoord… À 7 ANS.
« On n’avait pas l’argent pour se payer les camps d’été »
Avant les centres de formation et les installations professionnelles, l’école de Quinten Timber était beaucoup plus simple : la rue.
Le Néerlandais a grandi à Utrecht, dans une famille composée de cinq garçons. Une configuration idéale pour transformer chaque partie de football en compétition.
« On n’avait pas l’argent pour se payer les camps d’été… Je jouais dans la rue, avec les autres enfants, dans mon quartier de Hoograven. »
Chez les Timber, la concurrence se poursuivait naturellement à la maison.
Quinten se souvient avec amusement de cette fratrie nombreuse dans laquelle il fallait rapidement apprendre à défendre sa place.
« Une fratrie de cinq garçons, vous imaginez, on se tirait la bourre, il fallait être à la hauteur ! »
Le ballon devient alors une présence permanente. Quinten et Jurriën progressent ensemble jusqu’au moment où leur talent commence à dépasser les limites du quartier.
À seulement sept ans, une première grande porte s’ouvre : Feyenoord.
À 7 ans, leur quotidien bascule
Signer dans l’un des plus grands centres de formation néerlandais à cet âge représente une chance immense. Mais cette opportunité impose également une organisation particulièrement exigeante à deux enfants.
Rotterdam n’est pas à côté de leur domicile. Les journées deviennent rapidement réglées autour de l’école et du football.
« J’ai rejoint Feyenoord à 7 ans. La routine a changé, ce n’était plus le foot avec les copains après l’école. Direction Rotterdam après les cours, quarante-cinq minutes de route, entraînement, et avec mon frère on revenait tard à la maison, dîner puis au lit. Rebelote le lendemain. Voilà la vie pour Jurriën et moi, dès l’enfance. »
À l’âge où beaucoup d’enfants rentrent simplement de l’école pour retrouver leurs amis, les jumeaux Timber vivent donc déjà selon un rythme proche de celui de sportifs de haut niveau.
École. Voyage. Entraînement. Retour à la maison. Dîner. Sommeil. Puis tout recommence.
Et ils traversent cette période ensemble.
« Toujours à deux ensemble »
Quelques années plus tard, une autre étape attend les deux frères : devenir progressivement autonomes dans leurs déplacements.
À 13 ou 14 ans, Quinten et Jurriën effectuent eux-mêmes les trajets en transports en commun.
Mais une règle demeure : ne jamais se séparer.
« À 13-14 ans, avec mon frère, on prenait le bus, le train, toujours à deux ensemble, on veillait l’un sur l’autre, ça rassurait ma mère. »
Cette phrase raconte peut-être davantage leur histoire que les statistiques et les trophées.
Avant d’être deux joueurs professionnels, les Timber étaient deux enfants poursuivant exactement le même rêve et chargés de prendre soin l’un de l’autre.
Leur mère savait qu’elle ne pouvait pas nécessairement les accompagner partout. La présence de l’un auprès de l’autre apportait donc une forme de sécurité.
Les deux frères finiront pourtant par emprunter des chemins sportifs différents.
Deux frères, deux trajectoires au plus haut niveau
Après leurs premières années à Feyenoord, Quinten et Jurriën poursuivent leur formation à l’Ajax Amsterdam.
Jurriën s’impose progressivement avec l’équipe première de l’Ajax avant de rejoindre Arsenal en Premier League. Quinten passe notamment par le FC Utrecht avant de revenir à Feyenoord, là où l’aventure avait commencé lorsqu’il était enfant.
Le football les a donc séparés géographiquement sans réellement briser ce lien construit pendant les années de formation.
Quinten poursuit désormais son histoire en France avec l’Olympique de Marseille. Un nouveau championnat, une nouvelle ville et une pression très différente de celle connue aux Pays-Bas.
Mais son récit rappelle surtout tout le chemin parcouru.
Avant les grands stades, les contrats professionnels et les soirées européennes, il y avait Hoograven. Il y avait les matches improvisés dans la rue parce que les camps d’été coûtaient trop cher. Il y avait les quarante-cinq minutes de trajet après l’école.
Et surtout, il y avait deux frères.
Deux enfants qui prenaient ensemble le bus et le train, avec une consigne aussi simple qu’importante : veiller l’un sur l’autre pour rassurer leur mère.







