Emiliano Sala avait-il une chance d’échapper à la mort après le crash de l’avion qui l’amenait à Cardiff ? Un expert se prononce.
Tandis que se pose désormais la question du repêchage de l’appareil ainsi que du corps qu’il contient suite à leur localisation dimanche au fond de la Manche à une vingtaine de kilomètres des côtes de l’île de Guernesey, viendra également très rapidement l’heure de l’enquête pour déterminer les responsabilités et les interrogations sur les circonstances de ce drame qui a touché Emiliano Sala et son pilote David Ibbotson. Expert en aéronautique, Xavier Tytelman s’est exprimé sur la nature de ce vol et les chances de survie en cas de crash.
Ce type d’avion coule en moins d’une minute
« Réglementairement, il s’agissait d’un vol privé. S’il s’était agi d’un vol commercial, cet appareil n’aurait pas été autorisé à voler de nuit et aurait aussi disposé d’un certain nombre d’équipements de survie à bord. Là, on ne sait même pas s’il y avait des gilets de sauvetage », a-t-il émis auprès de L’Equipe. « Si l’avion a tapé la mer à 150 km/h, alors ils n’avaient aucune chance de s’en sortir. Je pense que l’impact a été violent parce qu’on a récupéré des coussins qui flottaient assez loin de l’épave. Et lorsqu’on retrouve des éléments intérieurs, c’est la preuve que le choc était fort », a-t-il constaté.
« La photo montre que la cellule (le fuselage) de l’avion est vrillée. On peut donc imaginer que le choc a été très violent. Avec ce type d’avion, un amerrissage est techniquement possible, mais très improbable. Il faut savoir que ce type d’appareil, une fois posé sur l’eau, coule en moins d’une minute, contrairement à un gros avion de ligne, qui flotte des heures et des heures », a expliqué Xavier Tytelman. « Ça signifie que si ses occupants ne se sont pas préparés, ils se retrouvent au fond de l’eau avant d’avoir pu réagir. Parce que si la porte ou la fenêtre ne sont pas ouvertes, c’est déjà trop tard », a-t-il poursuivi.
Déjà trop tard pour Sala quand les recherches ont commencé
« Quand j’étais dans l’aviation navale, j’ai fait un stage de survie. Nous étions dans une eau plus chaude que celle de la Manche et nous avions des combinaisons. Et pourtant, au bout de deux heures, nous étions tous en hypothermie… Pour moi, au moment où les recherches ont commencé, il n’y avait déjà plus aucune chance de retrouver vivants le pilote et son passager », a conclu l’expert.







