Sous pression alors que le FC Nantes joue sa survie en Ligue 1, son président Waldemar Kita a livré un entretien explosif. Critiqué de toutes parts, le dirigeant des Canaris assume, contre-attaque et refuse d’endosser seul les responsabilités sportives.
À quelques heures d’un déplacement crucial au Parc des Princes, Waldemar Kita a choisi de faire face. Sans détour. Installé à Paris, le président nantais a répondu point par point aux accusations qui l’accompagnent depuis plusieurs saisons.
“Je ne suis pas le problème”
Souvent décrit comme interventionniste, notamment pour ses nombreux changements d’entraîneurs, Kita rejette cette image. Pour lui, les décisions prises l’ont toujours été dans l’intérêt du club.
« On change 23 fois d’entraîneur dans l’intérêt du club, pas dans mon intérêt », martèle-t-il, rappelant qu’il est le dernier décisionnaire quand les résultats ne suivent pas.
Le dirigeant insiste également sur son rôle limité dans le sportif : selon lui, ce sont les entraîneurs qui détiennent les clés du vestiaire et des performances.
Si Nantes est aujourd’hui en danger, Waldemar Kita reconnaît une part de responsabilité. Mais il pointe surtout des choix internes qu’il regrette.
« On va descendre parce que j’ai tout laissé faire », lâche-t-il, évoquant notamment le recrutement de certains profils et la gestion du staff.
Le président identifie clairement sa plus grande erreur : le choix de l’entraîneur Luis Castro, qu’il estime aujourd’hui inadapté au niveau de la Ligue 1.
Accusé d’interférer dans le recrutement, Kita assume pleinement son implication. Mais il la justifie par une logique financière.
« C’est mon devoir. On le paye ! », insiste-t-il, rappelant que le club engage des sommes importantes et qu’il est normal, selon lui, de superviser les investissements.
Il réfute en revanche avoir imposé des joueurs sans validation du staff technique.
Un président qui défend sa gestion
Au-delà des résultats sportifs, Waldemar Kita met en avant la solidité financière du club. Aucun retard de salaire, aucune dette majeure : des arguments qu’il considère comme essentiels.
« Est-ce qu’il y a un club qui se plaint que je n’ai pas payé un joueur ? Non », rappelle-t-il.
Pour lui, la différence est claire : le sportif dépend du terrain, tandis que la gestion globale du club reste sa responsabilité.
Face à la montée en puissance des clubs détenus par des investisseurs puissants, Kita reconnaît les limites du modèle qu’il incarne.
« Être président propriétaire aujourd’hui ? Non, ça ne peut plus fonctionner », admet-il.
Malgré des pertes financières importantes et une contestation persistante d’une partie des supporters, il refuse de lâcher le club.
“Certains auraient fui depuis longtemps”
Dans un ton parfois amer, Waldemar Kita se présente comme un dirigeant résilient, resté en place malgré les critiques.
« Certains auraient fui depuis longtemps en disant : ‘allez vous faire foutre’ », lance-t-il, convaincu d’avoir maintenu le club à flot dans des périodes difficiles.
Son objectif ? Laisser l’image d’un président qui a su tenir le FC Nantes, même dans la tempête.
Reste à savoir si cela suffira à sauver les Canaris sur le terrain.







