Face aux difficultés économiques persistantes du football français, quatre dirigeants majeurs de Ligue 1 ont décidé de sortir du silence. Dans une tribune publiée dans Le Monde, les représentants de l’Olympique de Marseille, du RC Lens, du Stade Rennais FC et du Havre Athletic Club dénoncent un modèle à bout de souffle et appellent à une réforme en profondeur de la gouvernance du football professionnel français.
Derrière cette prise de position inhabituelle, quatre noms : Frank McCourt (propriétaire de l’OM), Joseph Oughourlian (président du RC Lens), Guillaume Cerutti (président du conseil d’administration du Stade Rennais) et Jean-Michel Roussier (président du HAC). Un quatuor qui pèse lourd dans le paysage de l’élite et qui estime que la situation actuelle dépasse largement la seule question des droits télévisés.
Selon les signataires, « la crise actuelle ne peut pas être réduite à la baisse des revenus audiovisuels ». Ils pointent un problème structurel : une gouvernance qu’ils jugent inadaptée à la réalité économique d’un secteur qui brasse plusieurs centaines de millions d’euros chaque saison.
Le fonctionnement associatif de la Ligue de football professionnel est clairement ciblé. Les présidents estiment que « cette organisation ne permet plus d’assurer la transparence, la réactivité et l’efficacité nécessaires dans un environnement ultra-concurrentiel, où la Premier League, la Liga ou encore la Bundesliga ont pris une avance considérable ».
L’échec du projet Ligue 1+, censé ouvrir de nouvelles perspectives commerciales via une plateforme propre à la LFP, est cité comme un symbole des choix stratégiques contestables accumulés ces dernières années.
La menace d’un déclassement européen
Le mot est fort : déclassement. Les quatre dirigeants avertissent qu’en l’absence d’une réforme rapide, le football français pourrait perdre durablement du terrain sur la scène européenne.
Moins de recettes signifie moins d’investissements, donc moins de compétitivité sportive. Et à terme, une attractivité affaiblie pour les talents comme pour les partenaires commerciaux.
Le constat est partagé dans de nombreux clubs : inflation des salaires, dépendance aux droits TV, fragilité des modèles économiques et difficultés à rivaliser avec les géants anglais ou espagnols. Pour ces présidents, continuer ainsi reviendrait à accepter un lent décrochage.
Que proposent-ils concrètement ? Une transformation complète de la gouvernance du football professionnel français. Cela passerait par une structure plus professionnelle, mieux contrôlée, et capable de clarifier les responsabilités.
L’idée d’un modèle inspiré de la Premier League, avec un conseil de surveillance plus structuré et une séparation claire entre gestion stratégique et représentation institutionnelle, circule déjà en coulisses.







