La hiérarchie dans les buts du Paris Saint-Germain est-elle en train de vaciller ? Longtemps cantonné à un rôle de doublure derrière l’international français Lucas Chevalier, Matvey Safonov a profité des circonstances… et surtout de ses performances, pour rebattre sérieusement les cartes. À tel point que la question du gardien numéro un se pose désormais ouvertement.
Le tournant remonte à il y a deux semaines. Suite à la blessure de Lucas Chevalier, Luis Enrique fait un choix fort en lançant Safonov titulaire face à Rennes. Une décision payante, dans un match largement maîtrisé (5-0), au cours duquel le portier russe affiche calme et assurance. Derrière, l’ancien joueur du FK Krasnodar enchaîne face à l’Athletic Bilbao (0-0) puis contre Metz (3-2), avec une constance qui contraste avec l’irrégularité observée chez son concurrent depuis le début de saison.
Mercredi soir, en finale de la Coupe Intercontinentale face à Flamengo, le message est encore plus clair. Alors que Lucas Chevalier semblait pressenti pour débuter, c’est Safonov qui est reconduit. Et le Russe rend sa confiance à son entraîneur de la plus spectaculaire des manières. Auteur d’une prestation décisive, il devient le grand artisan du sacre parisien en stoppant… quatre tirs au but lors de la séance décisive (1-1, 2-1 tab).
Un exploit rare, salué par tout un vestiaire et par le public parisien, qui a porté son gardien en héros. Mais l’écho de cette performance dépasse largement les frontières françaises. En Russie, la prestation de Safonov déclenche une vague d’enthousiasme. Sur Telegram, son épouse Marina Kondratyuk n’a pas caché son émotion, évoquant « un moment unique » et « une soirée où tout le monde a compris que Matvey avait accompli quelque chose d’exceptionnel ».
Les anciens sélectionneurs et observateurs russes n’ont pas tardé à s’enflammer à leur tour. Stanislav Cherchesov, qui l’avait installé titulaire en sélection lors de l’Euro 2020, a souligné le caractère hors norme de sa séance de tirs au but. « Arrêter quatre penalties d’affilée, c’est exceptionnel », a-t-il confié. Même son de cloche chez Sergey Tashuev, pour qui la concurrence est au cœur de la progression d’un joueur : « L’opportunité s’est présentée, il l’a saisie. Il faut continuer à travailler et prouver qu’on est meilleur que l’autre. »
Luis Enrique face à un choix devenu inévitable
Son club formateur, le FK Krasnodar, s’est également réjoui sur les réseaux sociaux, qualifiant la performance de Safonov d’irréelle et rappelant qu’il s’agissait déjà de son sixième trophée sous les couleurs parisiennes.
Désormais, le débat est lancé. Lucas Chevalier conserve des arguments solides et une certaine antériorité, mais la dynamique actuelle plaide en faveur de Safonov. Luis Enrique, fidèle à sa logique de méritocratie, devra trancher. Une chose est sûre : à Paris, le poste de gardien numéro un n’a jamais semblé aussi disputé.







