Il était attendu comme l’un des moteurs du Cameroun à la CAN 2025, mais Carlos Baleba arrivait au tournoi dans un contexte délicat. Moins tranchant avec Brighton en début de saison, le milieu de terrain de 22 ans semblait loin de la version dominante qui avait marqué la Premier League l’an dernier. Pourtant, en quelques semaines, le Cameroun de David Pagou a réussi là où beaucoup doutaient : remettre Baleba au centre du jeu… et au sommet de son niveau.
La transformation ne doit rien au hasard. En interne, le nouveau staff des Lions indomptables a rapidement identifié l’origine du passage à vide du joueur. Baleba traversait une période personnelle difficile, marquée par des soucis familiaux qui avaient pesé lourdement sur son mental. Résultat : moins de sérénité, moins d’impact, et une confiance fragilisée, aussi bien en club qu’en sélection.
Plutôt que de forcer le talent, David Pagou et son encadrement ont choisi une approche différente. Avant même le travail tactique ou physique, l’accent a été mis sur l’humain. Échanges réguliers, discussions franches, responsabilisation progressive : l’objectif était clair, remettre Carlos Baleba en confiance et lui rappeler ce qu’il représente pour cette équipe.
Le sélectionneur camerounais n’a jamais douté de son potentiel. Au contraire, il lui a redonné les clés du milieu de terrain, en faisant de lui un véritable point d’équilibre entre récupération, projection et leadership. « On lui a rappelé ce qu’il est capable d’apporter et l’importance de rester focus sur son jeu », confie le staff, conscient d’avoir entre les mains un profil générationnel.
Le résultat a sauté aux yeux lors des huitièmes de finale face à l’Afrique du Sud. Dominant dans l’impact, juste dans les choix, omniprésent à la récupération comme à la relance, Baleba a survolé la rencontre et logiquement été désigné homme du match. Une performance qui symbolise son retour au premier plan, même si le staff tempère encore l’euphorie.
« Face à l’Afrique du Sud, vous avez vu environ 50 % du Baleba que nous connaissons », glisse-t-on avec lucidité. Un message fort, qui laisse entendre que la marge de progression reste immense. Si le milieu camerounais parvient à franchir définitivement ce cap mental, il pourrait non seulement retrouver son niveau de la saison passée, mais aller encore plus loin.
À l’approche du quart de finale contre le pays hôte, le Maroc, Carlos Baleba apparaît désormais comme l’un des piliers du projet Pagou. Plus libéré, plus responsabilisé et pleinement connecté au collectif, il incarne cette nouvelle dynamique camerounaise, bâtie sur la confiance, le mental et la solidarité. Et si la CAN 2025 devenait le tournoi de sa confirmation définitive au très haut niveau ?







