Longtemps fragile dans cet exercice depuis le départ de Karim Benzema, le Real Madrid a retrouvé une certitude depuis les onze mètres. En première ligne : Kylian Mbappé, devenu bien plus qu’un simple tireur désigné.
Il n’y a parfois qu’un geste pour raconter une bascule. Dimanche dernier, face au Rayo Vallecano, le Real Madrid s’est imposé au bout du suspense grâce à un penalty transformé par Kylian Mbappé. Sous pression maximale, dans une fin de match tendue, le Français n’a pas tremblé. Un tir précis, efficace, presque clinique. Et surtout, un symbole : celui d’une crise enfin refermée.
Depuis le départ de Karim Benzema à l’été 2023, le Real Madrid avait perdu son repère naturel dans l’exercice. Le Ballon d’Or français était bien plus qu’un buteur d’élite : il incarnait aussi une autorité tranquille face au point de penalty. Son absence avait laissé un vide. Carlo Ancelotti, fidèle à sa gestion humaine, avait alors opté pour une forme d’autogestion. Les joueurs décidaient, selon leurs sensations. Le résultat ? Une efficacité en berne, malgré une saison pourtant exceptionnelle conclue par un doublé Liga–Ligue des champions.
Lors de l’exercice 2023-2024, Vinícius Junior, Joselu, Modrić, Rodrygo ou encore Bellingham se sont relayés. Trop, sans doute. Le taux de réussite plafonnait alors à 55 %, chiffre inhabituel pour un club de ce standing. Même l’arrivée de Mbappé en 2024 n’avait pas immédiatement réglé la question. S’il était souvent la première option, la hiérarchie restait floue, et le Real oscillait encore entre efficacité et hésitation.
L’été dernier, un changement s’est opéré. Avec l’arrivée de Xabi Alonso sur le banc, le club a voulu remettre de la méthode là où régnait l’instinct. Mbappé est devenu le tireur numéro un, sans ambiguïté. Certes, quelques épisodes ont rappelé les anciennes habitudes, comme ce penalty tiré par Vinícius contre Villarreal, ou celui manqué face à Valence. Mais progressivement, le message s’est imposé : le penalty du Real, c’est Mbappé.
Les chiffres parlent aujourd’hui pour lui. Douze penalties transformés sur treize tentatives. Plus de 92 % de réussite. Une seule erreur, lors d’un Clásico… remporté malgré tout par Madrid. Grâce à cette constance, le pourcentage global de réussite du club est passé à 81 % cette saison, contre 66 % l’an dernier et 55 % deux ans plus tôt. Une progression nette, presque spectaculaire.
Au-delà des statistiques, c’est l’impact psychologique qui frappe. Mbappé assume. Il ne discute plus, il prend le ballon et tire. Dans un vestiaire rempli de stars, cette autorité silencieuse compte. Elle rappelle ce qu’apportaient autrefois Cristiano Ronaldo ou Benzema : une forme de certitude dans les moments décisifs.






