Ils ont marqué l’histoire du Real Madrid comme rarement un duo l’a fait. Arrivés ensemble à l’été 2009, Cristiano Ronaldo et Karim Benzema se retrouvent aujourd’hui, seize ans plus tard, au cœur d’un nouveau feuilleton… cette fois en Saudi Pro League. Tous deux ont refusé de jouer avec leurs clubs respectifs, Al Nassr et Al Ittihad, dans une fin de mercato hivernal pourtant annoncée comme calme.
Pour comprendre ces tensions, il faut revenir au fonctionnement même du football saoudien. Dans le cadre de la stratégie de diversification économique du pays, le Public Investment Fund (PIF) a pris le contrôle direct de plusieurs clubs majeurs : Al Nassr, Al Hilal, Al Ittihad et Al Ahli. D’autres formations, comme Al Qadsiah, Al Shabab, Al Ettifaq ou NEOM, sont également détenues par de puissants groupes économiques locaux.
L’arrivée de Cristiano Ronaldo à Al Nassr à l’hiver 2023 a servi de déclencheur à une politique d’investissements massifs, bouleversant les équilibres du marché. Six mois plus tard, Benzema rejoignait Al Ittihad, tandis qu’Al Hilal frappait un grand coup en recrutant Neymar pour près de 90 millions d’euros.
Moins de trois ans après ce tournant, Karim Benzema a décidé de hausser le ton. À six mois de la fin de son contrat, l’attaquant français se serait senti offensé par l’offre de prolongation transmise par Al Ittihad, selon L’Équipe. Résultat : il n’a pas participé aux récents matches contre Al Fateh et Al Najma, se mettant de facto en retrait.
La situation semblait figée jusqu’à l’échéance de juin, d’autant qu’Al Ittihad refusait de laisser partir des cadres comme Diaby ou Kanté. Mais un nouvel élément est venu bouleverser l’équation : la possible offensive d’Al Hilal pour recruter Benzema dès cet hiver, malgré le fait que les deux clubs soient contrôlés par le même fonds souverain.
Cristiano Ronaldo dénonce un traitement inégal
Cette perspective aurait mis le feu aux poudres du côté de Cristiano Ronaldo. Selon A Bola, le Portugais estime que le PIF ne soutient pas équitablement les clubs sous sa tutelle. Les chiffres semblent lui donner raison : depuis l’été 2023, Al Hilal a investi 624 millions d’euros, contre 409 millions pour Al Nassr, soit un écart de 215 millions. Derrière suivent Al Ahli (380 M€) et Al Ittihad (334 M€).
Lors de ce mercato hivernal, l’écart s’est encore creusé. Al Nassr s’est contenté de recruter un jeune milieu irakien, Haydeer Abdulkareem, tandis qu’Al Hilal a multiplié les renforts (Kader Meïté, Pablo Marí, Rayan Al Dossary…) pour plus de 40 millions d’euros, avec l’ambition d’ajouter Benzema et le jeune Simon Bouabre.
Cristiano, déjà très remonté après un dernier derby perdu contre Al Hilal dans un contexte arbitrage tendu, a donc décidé de ne pas disputer le match face à Al Riyadh, en pleine lutte pour le titre. Un geste fort, alors qu’un sacre avec Al Nassr serait le premier trophée officiel du club depuis son arrivée.
Le malaise est profond et les intérêts divergents s’entrechoquent. Benzema cherche reconnaissance et respect contractuel. Cristiano, lui, réclame un projet sportif à la hauteur de son statut et de ses ambitions, notamment celle d’atteindre le cap symbolique des 1 000 buts en carrière.







