Le jeune Slovène enchaîne les buts décisifs et propulse les Red Devils vers la Ligue des champions. À 22 ans, Benjamin Šeško s’impose déjà comme l’un des visages du renouveau mancunien.
À Manchester United, les cycles se succèdent et les symboles changent vite. Mais certains joueurs, par leur énergie et leur efficacité, donnent le sentiment d’incarner un tournant. Benjamin Šeško est en train de devenir ce visage-là. Arrivé l’été dernier en provenance du RB Leipzig pour près de 74 millions de livres, le Slovène avait connu des débuts irréguliers. Aujourd’hui, il porte les ambitions européennes du club.
Son entraîneur Michael Carrick résume parfaitement sa progression : « Il grandit. Parfois ce sont de petits pas, parfois de grands pas. Et ces derniers temps, il en a fait d’énormes. » Les faits parlent pour lui. Entré en jeu à plusieurs reprises, Šeško a arraché un point à West Ham d’une volée splendide dans le temps additionnel, avant d’offrir la victoire à United à Everton (1-0) au terme d’une action d’une rare intensité.
Un but d’attaquant moderne
À Goodison Park, son but dit tout du joueur qu’il devient. Une course de plus de 70 mètres à pleine vitesse après avoir initié l’action, puis ce sang-froid au moment de conclure le centre de Bryan Mbeumo. « Une finition impitoyable », a apprécié Carrick. L’ancien défenseur Jamie Carragher, impressionné, soulignait sur Sky Sports son endurance : « Il a parcouru plus de 80 yards et termine avec lucidité. On s’attendrait à le voir à bout de souffle. Pas du tout. »
Šeško totalise désormais huit buts cette saison, dont six sur ses sept dernières apparitions. Un contraste saisissant avec son passage sous Ruben Amorim, qui ne l’avait vu marquer qu’à deux reprises. L’arrivée de Carrick a coïncidé avec un changement de dynamique. Le technicien, tout en comprenant les débats sur son statut de remplaçant de luxe, refuse d’en faire un sujet : « Il veut jouer, c’est normal. Mais il est dans un très bon état d’esprit. »
Le principal intéressé affiche une confiance tranquille : « Que ce soit cinq minutes ou 90, je dois livrer ce que je peux. Les autres croient en moi, et moi aussi. »
Si Šeško a frappé à Everton, un autre jeune recrutement est sorti grandi de la rencontre : Senne Lammens. Le gardien belge de 23 ans a multiplié les parades décisives, notamment face à Michael Keane. David Moyes n’a pas hésité : « Leur gardien a été le meilleur joueur. »
Comparé avec prudence à Edwin van der Sar, Lammens incarne, comme Šeško, cette nouvelle génération sur laquelle United construit son renouveau. Le club reste sur dix matches de Premier League sans défaite, une première depuis la série de 2021 sous Ole Gunnar Solskjær.
Au classement, les Red Devils occupent désormais la quatrième place, trois points derrière Aston Villa et trois devant Chelsea et Liverpool. L’objectif initial était l’Europa League. En interne, le discours a évolué : la Ligue des champions est désormais la cible.
À 22 ans, Benjamin Šeško n’a peut-être pas encore le statut d’icône. Mais il possède déjà ce mélange d’énergie, d’efficacité et de sang-froid qui change le cours d’une saison.







