Qu’on se le dise, l’ancien attaquant Ibrahim Ba n’est pas près de pardonner à Aimé Jacquet le fait de ne pas l’avoir gardé dans son groupe pour disputer la Coupe du monde 98.
Par le biais du livre « La nuit des maudits » (Karim Nedjari, Éditions Fayard), l’ex-international français a taclé le sélectionneur de l’équipe de France il y a vingt ans. « On s’est retrouvés convoqués dans une chambre et on s’est entendu dire : pour des raisons tactiques et techniques, on ne vous conserve pas. C’était brutal. Personne n’était préparé à vivre cela. C’était une grande première dans le foot français », a-t-il déploré.
A ses yeux, les autres joueurs invités à quitter Clairefontaine (Letizi, Djetou, Laigle, Lamouchi et Anelka) n’ont pas réussi, non plus, à digérer leur éviction. « Le gars qui raconte qu’il est apaisé, je vous assure que, dès qu’il regarde les images de la victoire, il se dit forcément : j’aurais pu y être. Et cela va être pire pour l’anniversaire des vingt ans. Moi, je vais être franc : je suis toujours en colère contre Aimé Jacquet », a souligné Ibrahim Ba. Ce dernier est persuadé qu’il méritait amplement sa « place parmi les 22 » et qu’il a donc vécu une « injustice ».
Ba ne veut pas en parler avec Jacquet
L’ex-Bordelais n’a pas du tout envie d’avoir une discussion, entre quatre yeux, avec Aimé Jacquet pour évoquer cet épisode très douloureux. « Je n’en ai jamais ressenti le besoin. De toute façon, il me dirait quoi ? Que ce n’était pas personnel ? C’est ma cicatrice et en reparler avec lui risquerait de l’ouvrir à nouveau. Il pourra toujours me dire que Christophe Dugarry, qui m’a été préféré, était meilleur. Mais je ne le croirai pas. » Rappelons quand même que l’équipe de France avait été sacrée championne du monde. Les choix de Jacquet étaient donc les bons même si on peut comprendre la détresse des six recalés de Clairefontaine…







