La pression ne retombe décidément pas autour de Gianni Infantino. Au moment où son avenir à la présidence de la FIFA est ouvertement contesté par une partie du football européen, une vieille affaire présumée vient ajouter une nouvelle dimension à la crise.
Selon des révélations du Telegraph relayées ce vendredi 7 août, l’actuel patron du football mondial aurait entretenu une relation avec une collaboratrice lorsqu’il occupait le poste de secrétaire général de l’UEFA.
L’affaire aurait ensuite débouché sur le départ de cette employée et le versement par l’instance européenne d’une indemnité à six chiffres.
Il convient toutefois de distinguer les éléments reconnus des accusations contestées. L’existence d’un paiement à l’ancienne employée est reconnue par l’UEFA. En revanche, la FIFA rejette les allégations concernant Infantino et leur interprétation.
L’UEFA aurait payé une grosse somme pour taire une liaison entre Gianni Infantino et une ex-employée ➡️ l.lequipe.fr/Dp6
Ancien secrétaire général de l’UEFA, Gianni Infantino aurait noué une histoire amoureuse avec une ancienne collaboratrice que l’instance européenne aurait indemnisée pour garder le silence, selon le Telegraph. Des accusations vivement démenties par le président de la FIFA.
— L’ÉQUIPE
7 août 2026
Une indemnité à six chiffres au cœur des révélations
Les faits présumés remontent à l’époque où Gianni Infantino travaillait à l’UEFA, bien avant son élection à la présidence de la FIFA en février 2016.
Arrivé au sein de l’instance européenne en 2000, le dirigeant suisse avait progressivement gravi les échelons jusqu’à devenir secrétaire général en 2009. C’est pendant cette période qu’il aurait, selon The Telegraph, entretenu une relation avec une employée de l’organisation.
Le média britannique affirme que cette collaboratrice aurait bénéficié d’une promotion ainsi que d’une augmentation salariale de l’ordre de 30 % pendant la période concernée. Sa rémunération aurait alors atteint environ 147 000 livres.
Ces circonstances auraient suscité des interrogations en interne sur un éventuel favoritisme.
Toujours selon les informations publiées par la presse britannique, Michel Platini, alors président de l’UEFA, aurait fini par intervenir sur le dossier.
La collaboratrice aurait ensuite quitté l’organisation avec une indemnité à six chiffres. L’UEFA aurait également participé au financement de sa formation MBA, dont le coût annuel aurait avoisiné 45 000 livres.
Le point le plus sensible concerne évidemment les raisons de cette transaction. Selon les accusations rapportées, cette somme aurait notamment permis de garantir la confidentialité entourant les circonstances de son départ.
L’UEFA a reconnu vendredi soir qu’un paiement avait effectivement été effectué et qu’elle avait connaissance des allégations concernant l’existence d’une relation entre Infantino et cette collaboratrice.
L’instance européenne précise toutefois avoir depuis renforcé ses règles afin qu’elles correspondent aux standards de gouvernance attendus d’une organisation internationale de cette importance.
La FIFA dénonce des accusations « diffamatoires »
Du côté de Gianni Infantino, la riposte est catégorique.
La FIFA conteste vivement la présentation de l’affaire et rejette toute idée selon laquelle son président aurait obtenu un traitement irrégulier en faveur de cette ancienne collaboratrice.
Selon la réponse apportée aux accusations, les décisions concernant la salariée auraient suivi les procédures appropriées et obtenu les validations nécessaires au sein de l’UEFA.
La FIFA considère surtout les accusations formulées contre son président comme diffamatoires.
Cette contradiction impose donc une importante prudence : le paiement effectué par l’UEFA ne constitue pas, à lui seul, une preuve des accusations formulées concernant la nature de la relation ou l’existence d’une volonté de dissimulation.
Aucune décision judiciaire ou disciplinaire citée à ce stade n’établit comme un fait les accusations concernant Infantino.
Mais politiquement, le moment choisi par cette affaire pour refaire surface est particulièrement délicat.
Une révélation explosive en pleine guerre FIFA-UEFA
Car Gianni Infantino ne traverse pas une période ordinaire.
Depuis plusieurs jours, sa présidence est fragilisée par la controverse entourant FIFA Forward Enterprise, le projet visant à ouvrir une partie des activités commerciales liées notamment à la Coupe du monde à des investisseurs privés.
Face à l’opposition de l’UEFA et d’autres acteurs du football mondial, Infantino a finalement abandonné le projet. Mais ce retrait n’a pas mis fin à la crise.
L’UEFA considère que ses exigences n’ont toujours pas été satisfaites et maintient la pression sur le président de la FIFA.
La Fédération norvégienne a franchi un cap supplémentaire ce vendredi en appelant ouvertement à sa démission. Sa présidente Lise Klaveness estime que la confiance nécessaire pour permettre à Infantino de poursuivre son mandat est rompue.
La Fédération anglaise a également pris ses distances, tandis que plusieurs personnalités du football commencent à s’exprimer publiquement.
Lucy Bronze a notamment soutenu la menace de boycott des compétitions de la FIFA et affirmé que les joueuses européennes étaient disposées à envisager cette possibilité.
Plus inquiétant encore pour Infantino, la contestation existe désormais jusque dans son organisation. Plusieurs employés de la FIFA ont exprimé leur malaise concernant la gouvernance actuelle, tandis qu’Arsène Wenger a assuré avoir découvert FIFA Forward Enterprise dans les médias alors même qu’il occupe le poste de directeur du développement du football mondial.
Le Français a jugé l’abandon du projet « absolument nécessaire ».
C’est dans cette atmosphère extrêmement tendue que surgissent les révélations concernant le passé d’Infantino à l’UEFA.
L’affaire pourrait donc alimenter davantage la bataille politique autour de sa présidence, même si elle doit être distinguée des reproches concernant FIFA Forward Enterprise.
Elle place également l’UEFA dans une situation inconfortable. L’organisation qui mène aujourd’hui la contestation contre Infantino est précisément celle qui employait le dirigeant au moment des faits présumés et celle qui reconnaît avoir versé l’indemnité à l’ancienne collaboratrice.
Une question risque donc de revenir avec insistance : que savaient exactement les dirigeants de l’UEFA à l’époque et pourquoi ce dossier avait-il été traité de cette manière ?
Gianni Infantino, lui, rejette les accusations. Mais dans une crise où chaque nouvelle révélation nourrit les interrogations sur sa gouvernance et son avenir, cette affaire vieille de plusieurs années arrive au pire moment possible pour le président de la FIFA.







