Le transfert avait tout d’un joli coup. Libre après la fin de son aventure au LOSC, Jonathan David débarquait à la Juventus avec l’étiquette d’attaquant fiable, travailleur et expérimenté. Quelques mois plus tard, le tableau est nettement plus nuancé. Sur le terrain comme en dehors, l’international canadien peine à s’imposer, au point de voir sa situation se tendre au sein du vestiaire turinois.
Surnommé « Iceman » depuis ses débuts en sélection canadienne, David avait toujours revendiqué un tempérament calme, presque effacé. Un trait de caractère qu’il assumait pleinement lorsqu’il évoluait encore en Ligue 1, expliquant être « froid devant le but », mais rarement perturbé par le contexte. À Turin, ce surnom semble aujourd’hui prendre une tout autre dimension.
Arrivé libre l’été dernier, courtisé par plusieurs clubs italiens, l’attaquant de 25 ans a finalement choisi la Vieille Dame, signant un contrat de cinq ans. Mais dans le Piémont, l’adaptation est plus délicate que prévu. D’abord sous Igor Tudor, puis sous Luciano Spalletti, David a disputé 21 rencontres toutes compétitions confondues, dont seulement dix comme titulaire. Son bilan statistique – deux buts et une passe décisive – reste bien en deçà des attentes placées en lui.
Luciano Spalletti ne s’en cache pas. Le technicien italien attend davantage de son attaquant et l’a récemment fait savoir publiquement. Sans le pointer du doigt frontalement, il a évoqué un manque d’assurance et une certaine timidité dans les moments clés. « Dans le football, il faut aussi savoir s’imposer », a résumé l’ancien sélectionneur italien, laissant entendre que le déclic devait venir du joueur lui-même.
Vestiaire sous tension
Mais au-delà du rendement sportif, c’est surtout l’intégration humaine de Jonathan David qui interroge. Selon la presse italienne, notamment Tuttosport, les relations entre l’attaquant canadien et une partie du vestiaire seraient pour le moins distantes. Peu démonstratif, freiné par la barrière de la langue et un naturel réservé, David aurait eu du mal à créer des liens, notamment avec les cadres du groupe, à commencer par Dusan Vlahovic.
Cette situation aurait entraîné un repli progressif du joueur sur lui-même. Invitations déclinées, dîners manqués, échanges limités : le Canadien se serait peu à peu isolé, répondant à une certaine froideur par une distance encore plus marquée. Un cercle vicieux que Luciano Spalletti a identifié et tenté de briser.
Conscient du fossé qui se creusait, l’entraîneur de la Juventus aurait multiplié les échanges en privé avec son joueur, cherchant à l’accompagner autant humainement que sportivement. Les premiers signes positifs sont apparus récemment, avec un but inscrit face à Pafos en Ligue des champions, vécu comme un petit soulagement pour un attaquant en quête de confiance.
À Turin, personne n’a encore tiré un trait sur Jonathan David. Mais le temps presse. Pour espérer s’imposer durablement à la Juventus, l’ancien Lillois devra non seulement retrouver de l’efficacité devant le but, mais aussi réussir là où il est attendu autant que sur le terrain : au cœur du vestiaire.







