Le Stade Rennais a officiellement décidé de se séparer d’Habib Beye. En grande difficulté sportive et plongé dans une spirale négative, le club breton a acté la fin de sa collaboration avec le technicien, au lendemain d’une nouvelle défaite révélatrice à Lens.
La décision était dans l’air, elle est désormais officielle. Le Stade Rennais FC a annoncé ce lundi l’engagement d’une procédure de licenciement à l’encontre de son entraîneur principal, Habib Beye, ainsi que de l’ensemble de son staff. Une issue brutale mais devenue inévitable au regard de la situation sportive alarmante du club breton.
Dans un communiqué publié sur ses réseaux, Rennes a confirmé que les entraînements du groupe professionnel seront assurés, à titre transitoire, par Sébastien Tambouret, Pierre-Alexandre Lelièvre et Maxime Le Marchand, en attendant la nomination d’un nouvel entraîneur. Un signe clair que le club souhaite rapidement tourner la page.
Arrivé avec l’étiquette d’un coach capable de redonner une identité et une dynamique à un projet fragilisé, Habib Beye n’est jamais parvenu à inverser la tendance. Malgré la volonté affichée par la direction de lui laisser du temps, la crise sportive et mentale s’est installée durablement. Les résultats décevants, combinés à un climat de défiance croissant autour du vestiaire, ont fini par convaincre les dirigeants qu’un changement était devenu nécessaire.
Sur le terrain, le constat est sans appel. Rennes reste englué dans une série noire, marquée par des défaites à répétition et une fébrilité défensive inquiétante. Dix buts encaissés sur les trois dernières rencontres officielles, symbole d’un collectif en grande souffrance. Le revers concédé à RC Lens (3-1), alors que les Rennais menaient à la pause, a servi de déclencheur. Incapable de réagir, y compris en supériorité numérique, l’équipe a une nouvelle fois sombré.
Cette dynamique négative avait déjà été amplifiée par l’élimination en Coupe de France face à l’OM, vécue en interne comme un coup dur majeur. Un échec de plus, perçu comme le symbole d’un déclassement progressif pour un club qui ambitionnait encore récemment de s’installer durablement sur la scène européenne.
Habib Beye en grande difficulté depuis quelques temps.
En coulisses, les tensions n’ont cessé de monter au fil des semaines. La mise à l’écart de Brice Samba pour des raisons disciplinaires a cristallisé les débats. Un choix assumé par Habib Beye, mais loin de faire l’unanimité. Après la défaite à Lens, les propos très encadrés de Valentin Rongier ont illustré ce malaise latent. « Le coach a pris cette décision, c’est lui notre boss », avait-il déclaré, tout en reconnaissant un manque de confiance et de nombreux manquements collectifs.
Même si le discours officiel se voulait rassurant sur l’unité du vestiaire, ces prises de parole ont surtout mis en lumière la fracture grandissante entre le staff, les joueurs et les résultats. Une fracture devenue trop profonde pour être colmatée sans électrochoc.
Ce licenciement confirme surtout l’instabilité chronique du banc rennais ces deux dernières saisons. Après les passages de Julien Stéphan puis de Jorge Sampaoli, Habib Beye devient le troisième entraîneur à quitter prématurément le club en moins de deux ans. Une valse des entraîneurs qui interroge sur la cohérence du projet sportif.
Désormais, Rennes va devoir agir vite. La direction s’active déjà en coulisses pour trouver un successeur capable de redonner une ligne directrice claire à un groupe en perte de repères. Selon plusieurs sources, Franck Haise tiendrait la corde pour ouvrir un nouveau cycle.







