Le 12 mars 1997, le Camp Nou est le théâtre d’un scénario irréel. Opposé à l’Atlético Madrid en quart de finale retour de la Coupe du Roi, le FC Barcelone renverse un match qui semblait perdu pour s’imposer 5-4. Une soirée folle, portée par un homme : Ronaldo Nazário, au sommet de son art.
Ce match n’est pas seulement une victoire. C’est une démonstration de caractère, une explosion offensive, une page d’histoire du club catalan.
Une première période cauchemardesque
Le Barça part pourtant favori après un match aller maîtrisé (2-2). Mais dès les premières minutes, tout bascule. L’Atlético Madrid frappe fort et rapidement. Pantic ouvre le score dès la 8e minute, avant de doubler la mise à la 28e, puis d’inscrire un troisième but à la 31e sur penalty.
En moins de trente minutes, le Camp Nou est plongé dans le silence. À la pause, le score est sans appel : 0-3. Barcelone est au bord de l’élimination et doit inscrire quatre buts pour espérer se qualifier.
Face à l’urgence, l’entraîneur Bobby Robson change tout. Il lance une attaque totalement offensive, presque déséquilibrée, avec Stoichkov, Luis Enrique, Ronaldo, Figo et Pizzi réunis sur le front offensif. Le message est clair : il n’y a plus rien à perdre.
L’explosion et le chef-d’œuvre de Ronaldo
Au retour des vestiaires, le Barça revient avec une intensité nouvelle. Et très vite, Ronaldo rallume la flamme. Le Brésilien inscrit un doublé express (47e, 50e) et remet son équipe dans le match.
Mais le scénario reste cruel. Une erreur du gardien Vitor Baia permet à Pantic de signer un quatrième but pour l’Atlético (2-4). Malgré ce coup dur, Barcelone ne renonce pas.
Porté par un Camp Nou en fusion, le Barça continue d’attaquer sans relâche. Luis Figo réduit l’écart à la 67e minute (3-4), avant que Ronaldo ne frappe encore pour égaliser (4-4). À cet instant, les Catalans sont éliminés, mais la dynamique est totalement renversée.
Le match entre alors dans une dimension irréelle. Les joueurs sont épuisés, mais continuent de pousser. Et à la 82e minute, Juan Antonio Pizzi surgit pour inscrire le cinquième but. Celui de la délivrance. Celui de la qualification.
Le Camp Nou explose. Barcelone vient de réussir l’impossible.
Une nuit gravée dans l’histoire du Barça
Cette remontée reste l’une des plus spectaculaires de l’histoire du club. Elle symbolise parfaitement l’ADN du Barça : jeu offensif, prise de risques et refus de l’abandon.
Elle marque aussi l’apogée de Ronaldo sous le maillot blaugrana. Ce soir-là, le Brésilien incarne à lui seul la révolte catalane. Puissance, vitesse, efficacité : il est partout.
Au-delà du match, cette victoire lancera le Barça vers le titre. Le club éliminera ensuite Las Palmas en demi-finale avant de remporter la Coupe du Roi face au Betis (3-2).
Mais ce que les supporters retiennent avant tout, c’est cette soirée de mars 1997. Une rencontre où tout semblait perdu, avant que le football ne bascule dans la folie.
Car certains matchs ne s’expliquent pas.
Ils se vivent.
Et ce Barcelone – Atlético Madrid appartient à ces rares instants où le football devient éternel.







