De retour au centre du débat médiatique, Gerard Piqué a relancé une réflexion de fond sur le football moderne. L’ancien défenseur du FC Barcelone propose une mesure radicale pour éradiquer les matchs nuls sans but, estimant que le spectacle doit primer pour préserver l’attractivité du jeu.
Gerard Piqué n’a jamais été un ancien joueur comme les autres. Depuis sa retraite, le champion du monde 2010 s’est imposé comme l’une des rares figures à questionner frontalement les fondements du football contemporain. Sa dernière sortie, rapportée par le Daily Mail, s’inscrit dans cette ligne : une critique assumée des matchs se concluant sur un 0-0, symbole à ses yeux d’un jeu parfois déconnecté des attentes du public.
Sans détour, Piqué pose le cadre. Pour lui, le football est avant tout un spectacle. « Je ne suis pas partisan de grands bouleversements, mais le football doit divertir. On va au stade pour s’amuser, il faut attirer les nouvelles générations », explique-t-il. Le constat est clair : le but reste l’essence même du jeu.
« Qu’est-ce qu’il y a de plus excitant dans un match ? Le but. Il est donc inconcevable que des rencontres se terminent 0-0 », insiste l’ancien Barcelonais, évoquant notamment le coût élevé des places pour les grandes compétitions européennes.
À ses yeux, repartir d’un match de Ligue des champions sans le moindre but après avoir payé des sommes importantes n’est plus acceptable dans le football moderne.
Fidèle à son goût pour les idées disruptives, Piqué avance une solution aussi simple que radicale : supprimer toute récompense sportive en cas de 0-0.
« Si un match finit 0-0, aucune des deux équipes ne marque de point », propose-t-il, conscient du caractère polémique de cette mesure.
L’objectif n’est pas de bouleverser les règles fondamentales, mais de créer un levier incitatif. Selon lui, une telle règle transformerait naturellement le scénario des rencontres. « À partir de la 70e minute, le match s’ouvrirait. On arrêterait de défendre, on attaquerait, et il y aurait un but », avance-t-il, persuadé que la peur de perdre deviendrait secondaire face à l’absence totale de gain.
Une vision du football comme produit
Derrière la provocation, Piqué défend une réflexion plus large sur l’évolution du jeu. « Le football est un produit, et ce produit doit être fun et divertissant. Il faut éviter que les gamins sortent leur téléphone après vingt minutes », observe-t-il, pointant la concurrence accrue des autres formes de divertissement.
Pour l’ancien international espagnol, le football ne peut plus se contenter de reproduire les mêmes formats qu’il y a trente ans. « Si on leur sert les mêmes 90 minutes qu’avant, ils ne regarderont plus. Aujourd’hui, il y a trop de distractions et trop de championnats. Il est temps de changer le format », tranche-t-il, sans nier pour autant les exigences tactiques du haut niveau.
S’il reconnaît la nécessité pour certaines équipes de défendre par séquences, Piqué conclut sur une idée simple : « À un moment donné, il faut créer de l’émotion. »
Provocatrice ou visionnaire, la proposition divise déjà. Mais une chose est certaine : fidèle à sa trajectoire, Gerard Piqué continue de bousculer un football qu’il estime à la croisée des chemins.







