La volonté de la FIFA de faire évoluer la loi du hors-jeu suscite de vives réserves au sein du football mondial. Annoncée comme une piste sérieuse de réforme des règles, la proposition défendue par l’instance internationale se heurte à l’opposition de plusieurs acteurs majeurs, au premier rang desquels la UEFA et la Football Association.
L’idée avancée est pourtant claire : un joueur ne serait sanctionné pour hors-jeu que si l’intégralité de son corps dépasse celle du dernier défenseur au moment de la passe. Une évolution censée réduire les décisions jugées excessivement sévères, souvent liées à quelques centimètres détectés par l’assistance vidéo. Présentée comme une initiative soutenue de longue date par Arsène Wenger, aujourd’hui responsable du développement du football mondial à la FIFA, cette réforme vise à redonner un avantage aux attaquants et à favoriser le jeu offensif.
L’Angleterre et l’UEFA montent au créneau
Du côté de l’Angleterre, la proposition est loin de faire l’unanimité. La fédération anglaise estime qu’un tel changement pourrait profondément modifier l’équilibre tactique du jeu. Elle craint notamment que les défenseurs soient contraints de reculer davantage, jouant très bas pour éviter toute prise de risque, ce qui pourrait appauvrir les séquences de jeu et réduire les espaces au milieu de terrain. En alternative, la FA suggère une approche plus restrictive, qui ne prendrait en compte que le torse du joueur pour juger une position de hors-jeu, sans considérer les jambes, les pieds ou la tête.
Selon le quotidien britannique The Times, cette réforme est perçue outre-Manche comme un bouleversement majeur des principes du football moderne. Le journal rapporte également que l’UEFA partage les réserves de la fédération anglaise, renforçant ainsi un front commun européen face à la position défendue par la FIFA.
Une réforme envisagée à l’horizon 2026
Malgré ces réticences, la FIFA n’a pas abandonné l’idée de faire évoluer la règle. Les discussions se poursuivent en interne et avec les différentes confédérations, dans un calendrier qui pourrait mener à une application lors de la Coupe du monde 2026. Une échéance symbolique, qui offrirait une vitrine mondiale à ce changement de règle, à condition qu’un consensus minimal soit trouvé d’ici là.
En attendant, le débat illustre une nouvelle fois la difficulté de réformer en profondeur les lois du jeu, tant chaque ajustement technique peut avoir des répercussions tactiques, culturelles et économiques. Entre volonté d’innovation et attachement aux équilibres traditionnels, le hors-jeu continue de cristalliser les tensions au sommet du football international.







